À propos de Nguyen Ngoc-Rao, fondateur et éditeur du site AsiaFlash.com

L'autoportrait

L'autoportrait


Quel est l'intérêt des autoportraits ?
● Tirer son propre portrait peut se révéler une activité intéressante. Que vous en soyez conscient ou non, l'autoportrait est susceptible de provoquer des révélations sur votre personnalité profonde, car il vous oblige à vous connaître vous-même en constatant vos propres réactions. D'une façon plus terre à terre, l'autoportrait vous dispenserait d'aller chez un photographe vous faire des photos d'identité pour votre passeport ou votre carte nationale d'identité.


Existe-t-il de grandes différences entre le portrait et l'autoportrait ?
● Non. Les procédés et les astuces sont les mêmes dans les deux cas. La seule différence majeure réside dans le fait que vous devez déclencher l'appareil en vous tenant devant et non derrière l'objectif.

● Les moyens qui vous permettent de vous photographier vous-même consistent à utiliser le retardateur, dont la grande majorité des appareils sont munis, ou les mécanismes de déclenchement à distance.

● L'utilisation du retardateur est le plus pratique mais le moins bon des deux moyens de déclenchement. En effet, une fois le retardateur mis en marche, on ne dispose qu'une dizaine de secondes pour courir se mettre en place, trouver une attitude et se composer une expression appropriées. Dans la précipitation, bon nombre de photographes ont renversé leur appareil !

● La meilleure solution passe donc par l'emploi d'un déclencheur à distance. Il existe quatre sortes de déclencheurs à distance : déclencheur souple, déclencheur pneumatique, déclencheur à contact électrique et déclencheur à l'infrarouge. Les trois premières sortes de déclencheurs sont inutilisables avec la plupart des compacts, qui ne comportent aucune prise pour eux. Vous pouvez les actionner avec la main ou le pied.

● Le déclencheur souple est un dispositif plutôt onéreux et fragile. Sa longueur peut atteindre cinq mètres. On fixe un de ses bouts sur le bouton de déclenchement de l'appareil grâce à un filetage, et on actionne le bouton sur l'autre bout pour déclencher.

● Le déclencheur pneumatique coûte beaucoup moins cher et est tout aussi efficace. Il est composé d'un petit déclencheur souple fixé à une extrémité d'un fin tuyau dont la longueur peut atteindre 10 à 15 mètres. Le déclencheur est commandé par la pression de l'air sur un piston. Le déclenchement s'effectue par simple pression sur une grosse poire en caoutchouc fixée à l'autre extrémité du tuyau. Seul inconvénient : la pression sur la poire doit être énergique et brusque, ce qui ne facilite pas la concentration, la décontraction et le naturel.

● Bon nombre d'appareils reflex sont munis d'une prise pour télédéclenchement électrique. On utilise donc un déclencheur spécial, qui peut être long de cinq mètres ou plus, muni d'un bouton dont l'action, très discrète et rapide, déclenche électriquement l'obturateur.

● Les déclencheurs à distance précédents ont tous en commun un inconvénient : ils sont encombrants et gênants, on peut s'y prendre les pieds. La télécommande infrarouge dispense l'utilisation de tout fil ou tuyau et se révèle la solution quasiment idéale. Elle est encore très onéreuse pour les appareils reflex. Mais certains compacts grand public en sont maintenant pourvus - quelle bonne surprise ! Avec la télécommande infrarouge, vous pointez un dispositif plus petit qu'un briquet vers l'appareil photographique, vous pressez un bouton sur ce dispositif, et l'obturateur se déclenche.

● Lorsque l'appareil comporte à la fois la commande à distance et un retardateur, il est intéressant de combiner les deux méthodes : le déclencheur permet de mettre le retardateur en marche lorsque vous êtes déjà bien en place, détendu, prêt ; et le retardateur, en vous donnant quelques secondes supplémentaires, favorise votre naturel.


Comment s'effectue le cadrage en autophotographie ?
● Il faut d'abord installer l'appareil photographique. Posez-le sur une surface stable, par exemple une table, le dessus d'une commode, une marche d'un escabeau ou encore, en extérieur, un mur, un capot de voiture inoccupée et dont le moteur est coupé. L'appareil doit être à la bonne hauteur, c'est-à-dire pas plus haut que votre tête et, préférablement, légèrement plus bas (en légère contre-plongée). Un pied n'est pas indispensable mais très utile puisqu'il permet de régler facilement la hauteur de l'appareil.

● Lorsqu'on souhaite se photographier soi-même, il est évident qu'on ne peut être à la fois devant l'appareil, comme sujet, et derrière, comme opérateur, pour effectuer le cadrage. Il faut donc avoir recours à un expédient. Utilisez un buste de plâtre ou à la rigueur un gros nounours en peluche. L'autre solution consiste à demander l'aide d'une autre personne. Mais celle-ci ne devrait rien faire d'autre que d'occuper temporairement votre place et de suivre vos instructions ; elle ne devrait en aucun cas émettre des avis ou prendre des initiatives, car votre autoportrait ne concerne que vous-même. Cette personne ferait même bien de s'éclipser au moment du déclenchement, vous laissant seul à vous exprimer librement devant l'objectif.

● N'oubliez pas de faire la mise au point sur les yeux dans tous les cas, tant il est vrai que les yeux sont le miroir de l'âme. Si vous décidez de porter votre regard vers un côté de l'image et non droit devant, laissez un bon espace devant vos yeux, sinon votre regard se heurterait contre le bord de la photo, la rendant ainsi inesthétique.

● Si vous souhaitez étudier et contrôler votre expression, utilisez une grande glace placée hors champ dans laquelle vous pouvez vous observer. Mais cessez de vous y regarder au moment du déclenchement, autrement votre regard risque d'apparaître détourné dans l'image, votre attitude raidie et votre expression figée.


Comment le fond doit-il être ?
● En autoportrait, tout comme en portrait d'ailleurs, le fond doit être neutre afin que toute l'attention du spectateur soit portée sur le sujet. Cette règle ne peut être transgressée que si les éléments du fond ont un message spécifique à donner.

● Le meilleur fond serait un fond uni. Vous pouvez l'obtenir en utilisant une grande feuille de papier ou un drap, de couleur très discrète, grise de préférence. La couleur noire ou blanche peut être une bonne solution, mais elle est susceptible d'avoir une grande incidence sur l'exposition ; prenez soin, dans ce cas, de mesurer la lumière uniquement sur le sujet (pour un appareil compact autofocus, de laisser le sujet occuper entièrement la plage de référence dans le viseur).

● S'il s'avère impossible de débarrasser les objets gênants dans le fond, gommez-les en les diffusant par le biais d'une très faible profondeur de champ (c'est-à-dire par une très grande ouverture de diaphragme). Cette opération étant impossible avec un appareil fixfocus et très aléatoire avec un appareil autofocus grand public, mieux vaudra prendre les devants en recourant à la solution précédente, ou encore en choisissant un autre point de vue.


Comment doit-on régler l'éclairage ?
● Les astuces concernant l'éclairage en autoportrait sont les mêmes qu'en portrait. Reportez-vous donc à cette rubrique.

● Un dernier conseil. N'hésitez pas à gâcher de la pellicule. La bonne photo étant rarement la première, faites plusieurs clichés, et vous aurez des chances d'obtenir un bon autoportrait, naturel et décontracté.

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