À propos de Nguyen Ngoc-Rao, fondateur et éditeur du site AsiaFlash.com

Le nu

Le nu


Quels sont les principaux écueils que rencontre l'amateur en photographie de nu ?
● Le nu est un sujet assez difficile à traiter dans l'ensemble. L'amateur qui s'y livre a à résoudre un certain nombre de problèmes.

● La première difficulté consiste à trouver un modèle consentant. Pas question, bien entendu, de procéder comme les professionnels, en passant par le canal des agences spécialisées. Les petites annonces peuvent se révéler fructueuses, mais aussi souvent aléatoires. La meilleure ressource consiste donc à prospecter dans le cercle de sa famille et de ses amis. Faites connaître vos intentions sérieuses, proposez des images à votre entourage. Avec un peu de chance, vous trouverez probablement une fille bien dans sa peau, intéressée par vos idées et vos soucis artistiques, et prête à coopérer activement ; veillez à établir dès le début un climat de confiance et de complicité.

● Une autre difficulté réside dans le choix d'un local. Pour réaliser des photos de nu, il faut généralement de la place, et pourtant les pièces de nos habitations sont souvent trop exiges pour ce genre d'activité. Bien entendu, si vous faites preuve d'imagination, l'intérieur douillet de votre appartement peut parfaitement convenir, d'autant qu'un endroit connu est sécurisant et pour l'opérateur et pour le modèle. Le rêve serait de disposer d'une maison de campagne. Pensez aussi à la plage : de moins en moins de gens sont offusqués de rencontrer sur les plages de jeunes et jolis corps dénudés, et vous pouvez profiter des conditions avantageuses que constituent la mer, le sable et le soleil.


Comment doit-on faire poser au modèle ?
● Les modèles professionnels savent poser, c'est leur métier. Mais avec un modèle occasionnel, vous devez faire preuve de savoir-faire et d'autorité, ce qui n'exclut pas, bien entendu, la diplomatie et la gentillesse.

● Au début, vous manquerez probablement d'idées. Commencez alors par découvrir, dans la presse ou dans les livres, des exemples de poses réussies ou qui vous plaisent. Montrez-les à votre modèle et discutez-en ensemble ; c'est un bon moyen de mettre le modèle en confiance et aussi de connaître ses préférences et ses aversions.

● Faites adopter à votre modèle une pose gracieuse et qui le met en valeur. Evitez les poses acrobatiques, tendues, ou les poses qui provoquent, par exemple, d'horribles plis au ventre.

● Prenez garde aux perspectives qui déforment. Travailler en plongée (de haut en bas) fait paraître le modèle en miniature. La contre-plongée projette le menton en avant, provoque le phénomène des yeux creux et l'importance exagérée des narines. Si vous vous placez au pied d'un modèle allongé au sol, vous donneriez une importance démesurée à ses membres inférieurs. En revanche, si le sujet est assis face à vous et si vous savez exploiter les caractéristiques d'un objectif grand-angulaire, vous pouvez allonger avantageusement ses jambes.

● En général, montrez bien ce que votre sujet a en paire. N'éliminez pas son deuxième oeil, son deuxième sein, son deuxième bras, sa deuxième main, sa deuxième jambe, etc. Un modèle debout, par exemple, doit présenter deux jambes, même si vous le photographiez de profil ; il faut qu'une jambe soit droite et l'autre légèrement pliée, afin que les deux soient reconnaissables.

● Attention aux déformations provoquées par le modèle lui-même. Un visage appuyé sur la paume d'une main, par exemple, risque d'être déformé.

● Attention également aux traces sur le corps. Rappelez au modèle qu'il ne doit porter aucun sous-vêtement serré dans les heures qui précèdent la prise de vues. Les traces de soutien-gorge, de culotte ou de ceinture de collant sont très longues à disparaître.


On dit souvent qu'en photographie de nu, l'éclairage est l'élément le plus important. Est-ce vrai ?
● Oui, car ici plus qu'ailleurs, la lumière fait partie de la composition de l'image.

● Dans la plupart des cas, il faut privilégier un éclairage doux, diffus, enveloppant. Car plus l'éclairage est violent, plus les images sont contrastées, et il devient très vite impossible de contrôler à la fois les reflets trop nets sur la peau et les ombres disgracieuses.

● La qualité d'un éclairage dépend surtout de la taille de la source lumineuse. L'idéal serait évidemment de pouvoir toujours bénéficier de la lumière du jour, y compris pour les photos d'intérieur. Si elle se révèle insuffisante pour un bon confort de prise de vues, essayez quand même de l'utiliser, en la complétant avec un petit flash électronique pour déboucher les ombres. Combinez lumière naturelle et flash électronique comme suit (technique du fill-in au flash) :

  • Avec le flash éteint, réglez votre appareil photo sur la vitesse de synchronisation puis, sans changer ce temps de pose, affichez le diaphragme préconisé par le posemètre du boîtier.

  • Il reste ensuite à régler le flash. S'il s'agit d'un flash manuel, divisez son nombre-guide par le diaphragme choisi pour obtenir la distance flash/sujet à adopter. Si c'est un flash à computer, affichez sur le flash la même valeur de diaphragme que celle choisie sur l'appareil.

  • Mais si l'appareil est doté du système TTL au flash, alors laissez faire l'automatisme sans vous soucier de calculs. C'est le cas même de certains compacts actuels.


● Si vous opérez uniquement avec la lumière d'un flash, elle doit toujours être diffusée pour éviter les reflets trop violents, les ombres portées aussi bien sur le fond que sur le sujet lui-même. Interposez entre la tête du flash et le sujet une grande feuille calque ; la diffusion est d'autant plus importante que le calque se trouve plus éloigné du flash.

● Profitez surtout du soleil de fin d'après-midi d'été, qui donne à la peau une coloration particulièrement flatteuse et procure une ambiance orangée très agréable.

● N'hésitez pas à tenter parfois un violent contre-jour pour photographier le profil d'un sein ou la courbe d'une hanche. Une telle image s'avère très graphique. Le contre-jour donne aussi de très beaux effets de douche : la gerbe d'eau et les gouttelettes ne manquent pas de rehausser la valeur du corps photographié.


Les accessoires sont-ils nécessaires ?
● A moins que vous ne vouliez réaliser uniquement le nu académique, qui est une étude de formes, de volumes et de textures, les accessoires peuvent apporter une aide appréciable. Les sous-vêtements ont un fort pouvoir suggestif ; de même qu'un tee-shirt trempé qui colle à la peau. Certaines matières donnent le même résultat : cuir, soie, lainages douillets, dentelle, étoffes vaporeuses, etc. Les chaussures, surtout celles avec de très hauts talons, permettent d'allonger la ligne des modèles tout en apportant une note particulière à l'image. Les bijoux servent à rompre la monotonie de la nudité et aussi à accrocher ou à acheminer le regard ; s'ils sont brillants, composez votre éclairage de façon à obtenir quelques reflets, que vous pourrez amplifier avec un filtre à étoiles ou de diffraction.

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