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La nature morte

La nature morte


Quel est l'intérêt des natures mortes ?
● La nature morte constitue un exercice de style du plus haut intérêt. Sa pratique est une activité très enrichissante qui stimule la créativité du photographe tout en développant ses connaissances techniques. En effet, une nature morte est un ensemble d'éléments que l'opérateur doit grouper autour d'un même thème et composer de façon à mettre en valeur l'harmonie des teintes, la texture de la matière, le rapport des masses ou des volumes. Il ne subit pas son sujet mais exerce un contrôle total sur lui : il a tout le temps de choisir son cadrage et sa composition, de préparer la lumière, voire d'intervenir dans la disposition des différents éléments de l'image. Vous avez donc intérêt à vous adonner à cette activité le plus souvent possible.


Quel est le problème le plus important à résoudre en nature morte ?
● Une nature morte est avant tout une ambiance. Il ne suffit pas de disposer une belle grappe de raisins sur une table pour en réussir une. Si donc vous avez décidé de construire une nature morte, commencez par choisir un thème et par regrouper tous les objets qui vous permettront de le traiter. Ce n'est pas le nombre des objets qui fait la qualité d'une image, mais la façon dont ils sont choisis et présentés. Il faut qu'il existe un lien évident entre eux, sinon votre nature morte risque de se transformer en un vague empilement d'objets hétéroclites. Pour composer une scène de petit déjeuner, par exemple, une tasse fumante, une petite cuiller, des morceaux de sucre, une brioche ont un rapport naturel entre eux et racontent ensemble une histoire ; mais la présence d'un pot de moutarde ou d'une paire de gants serait tout à fait hors de propos. En un mot, une nature morte doit être à la fois cohérente et authentique. Il ne faut donc pas photographier n'importe quoi.


Quel est le matériel photographique requis pour la nature morte ?
● L'équipement de base se limite à fort peu de chose. Vous pouvez très bien réaliser des natures mortes avec un simple appareil compact. Dans tous les cas, un boîtier, un bon objectif, un simple flash de reportage et un pied solide et stable sont suffisants.

● Le choix de l'optique dépendra évidemment du sujet traité. Le 28 et le 35 mm seront utilisés pour les vues d'ensemble, à chaque fois que l'on manquera de recul et que l'on souhaitera cadrer large.

● L'objectif standard de 50 mm sera pratiquement universel et sera utile surtout grâce à sa grande ouverture, à chaque fois que l'on manquera de lumière et que l'on ne voudra pas faire appel à de trop longues poses.

● Les téléobjectifs trouveront leur application dans les domaines bien précis : photographie de petits objets, travail avec recul, etc.


Comment effectue-t-on la composition ?
● La disposition des divers éléments d'une nature morte dépend de la volonté de l'opérateur et non pas inversement. Aussi la composition se construit-elle principalement dans le viseur et pas seulement dans l'espace. L'angle de champ, la focale de l'objectif, la distance de prise de vue et l'orientation par rapport au sujet vont avoir une très grande influence sur le rendu général de l'image. Il est donc important que vous puissiez contrôler en temps réel l'effet produit, dans le viseur, par le moindre déplacement d'un objet.

● Montez votre appareil photo sur pied. Celui-ci vous évitera, plus tard, les flous de bougé dus aux poses longues, mais il va surtout vous permettre de gagner un temps considérable : l'appareil étant à poste fixe, il est facile d'aller contrôler dans la viseur l'effet produit par toute retouche apportée à la composition.

● Le fond et le support destiné à recevoir les objets peuvent ou non faire partie de l'image. Dans la plupart des cas, ils gagnent à être discrets et à se faire oublier. Attention à la couleur choisie pour le fond : il doit être en harmonie avec le sujet, non en opposition.

● La nature morte contient un message. Les différents objets qui la composent, répétons-le, doivent avoir un lien entre eux de façon à éviter toute ambiguïté. En somme, une certaine unité s'impose. Il importe de rester simple, de savoir suggérer et évoquer quelque chose. Attention donc à la tentation de vouloir trop en faire : une photo trop riche en détails trouble le regard ; faute de point d'accroche, une nature morte risque de ne plus avoir de sens.

● Il faut souvent très peu de chose pour réussir une nature morte. C'est le thème que vous avez choisi qui appellera des objets et qui permettra de déterminer l'élément principal de l'image. Construisez donc votre image par étapes successives, en commençant par l'objet plus important, puis en la complétant progressivement par les éléments accessoires. Pensez à choisir un cadrage suffisamment serré pour éviter de laisser entrer dans l'image des éléments superflus, indésirables.

● Si vous avez choisi de mettre en scène plusieurs objets, évitez de les disposer sur une même ligne, mais tenter de donner une profondeur à votre image. Dans le même ordre d'idées, choisissez, dans la mesure du possible, des éléments de dimensions, de structure et de tonalité différentes pour donner davantage de relief à votre composition.

● Apprenez également à jouer sur la taille de ces différents objets : compte tenu des inévitables déformations de perspectives, disposez les objets les plus grands légèrement en retrait : ils vous permettront ainsi de ramener le regard vers l'élément principal et de gérer plus facilement le problème des ombres.

● Ne laissez jamais une partie de la photo vide.

● Bannissez la symétrie, les compositions coupées en deux parties par une ligne horizontale ou verticale.

● Placez votre sujet principal à un des quatre points forts, suivant la règle des tiers.

● Pour renforcer les atmosphères, utilisez des tons chauds comme le brun, le rouge et le noir. Faites également appel à quelques symboles à fort pouvoir évocateur (objets anciens) ou à des matières nobles (cuir, tissus de luxe, etc.).


Comment doit-on régler l'éclairage ?
● Le plus grand soin doit être apporté à la recherche de l'éclairage. C'est en effet de sa nature - lumière naturelle ou artificielle - et de sa composition que dépendront, pour l'essentiel, le rendu des valeurs et l'impression de relief.

● Evitez de multiplier les ombres portées et, plus encore, les ombres qui se croisent, génératrices de déséquilibre et de confusion.

● Dans tous les cas, l'éclairage doit être d'une extrême douceur. Pour y parvenir, faites appel à des écrans diffuseurs ou réflecteurs.

● Plus une source de lumière est grande, meilleur sera son effet. Avec le soleil, pas de difficulté, il est assez grand. Mais préférez la lumière du jour au nord plutôt que le soleil direct.

● La lumière artificielle, qu'elle provienne d'un projecteur ou d'un flash, doit aussi être utilisée de façon indirecte. Interposez entre la source de lumière et le sujet une simple feuille de papier calque pour diffuser la lumière. Ou orientez la source vers un panneau blanc réfléchissant (carton, tissu ou plaque de polystyrène), qui renverra la lumière vers le sujet. Il n'est pas interdit également de combiner les deux procédés et de placer, face à la source d'éclairage atténuée par le calque, une surface blanche qui réfléchira la lumière.

● Quelle que soit la lumière choisie, placez un écran blanc à l'opposé de la source de lumière pour déboucher les ombres trop denses.

● Pour un éclairage classique, vous placerez la lumière à gauche du sujet, en haut, comme la lumière solaire, à 45° au-dessus de l'horizon et, latéralement, à 45° de l'axe de l'objectif. Vous pouvez aussi, avec une seule source de lumière, dramatiser l'éclairage avec des effets de contre-jour ; mais il est alors indispensable d'avoir recours à de très grands écrans réfléchissants, placés de part et d'autre de l'appareil photographique, pour déboucher l'image et éviter l'effet de silhouette.

● Travaillez de préférence à une petite ouverture pour disposer d'une profondeur de champ suffisante et bien mettre le sujet en valeur, surtout s'il est de petite taille. F/11 et f/16 sont les ouvertures idéales.

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