À propos de Nguyen Ngoc-Rao, fondateur et éditeur du site AsiaFlash.com

La nuit

La nuit


Est-il difficile, pour l'amateur, de photographier des scènes de nuit ?
● L'amateur sommairement équipé ou très peu averti rencontre en général des difficultés à bien photographier de vraies scènes de nuit car, à cause de la très faible lumière ambiante et du contraste souvent excessif, on doit prendre des précautions spéciales.

● Cependant, il est possible de réaliser des images nocturnes avec un simple compact si l'on sait exploiter certaines circonstances favorables.

● La plus importante de ces circonstances est le crépuscule. Pendant les moments fugaces où maisons et monuments se détachent encore sur le ciel illuminé par les derniers rayons du soleil, la lumière crépusculaire est généralement suffisante pour autoriser de bonnes prises de vues. Cette lumière permet, en effet, non seulement de réduire sérieusement le contraste entre ombres et lumières, mais encore de raccourcir sérieusement la durée de pose et par conséquent d'obtenir des images nettes des sujets en mouvement. Si vous photographiez des enseignes lumineuses au crépuscule, par exemple, l'appoint de la lumière du jour dont on bénéficie à ce moment-là permet d'enregistrer des détails dans les bâtiments ou magasins sur lesquels elles sont fixées.

● Il est possible également d'utiliser un compact pour photographier des sujets très bien éclairés en pleine nuit. Reprenons l'exemple des enseignes lumineuses ; mais dans ce cas, seules les enseignes apparaîtront sur l'image, et le fond sera d'un noir dense. On peut photographier dans les mêmes conditions un site baigné de lumière.


Si l'amateur veut aller plus loin, de quel matériel doit-il disposer ?
● Un minimum d'équipement est nécessaire pour les prises de vues nocturnes.

● Il faut, en premier lieu, posséder un appareil utilisable en pose (pose B). C'est le cas de la plupart des appareils reflex modernes, y compris les modèles non débrayables à automatisme intégral. Leur position B permet de laisser l'obturateur ouvert aussi longtemps que nécessaire. Son fonctionnement est très simple : l'obturateur s'ouvre quand on presse le déclencheur et se referme seulement quand on lâche celui-ci.

● Un déclencheur souple est le complément nécessaire de la pose B. Il permet d'éviter tout risque de bougé pendant les poses longues. Certains déclencheurs souples possèdent une vis de blocage permettant de laisser l'appareil en pose aussi longtemps que l'on souhaite tout en conservant les deux mains libres.

● Comme les photos de nuit nécessitent des durées d'exposition très longues, l'appareil sera obligatoirement monté sur pied photo ou posé sur un support stable. Un pied léger ou même un pied de poche peut convenir si l'on travaille dans un endroit abrité du vent ou avec un appareil léger ; cependant, plus le pied est robuste et lourd, moins on court le risque de flou de bougé. A défaut de pied, on peut poser l'appareil sur un muret ou sur une voiture ; dans le second cas, il faut que la voiture soit vide de passagers et que le moteur soit coupé.

● Un posemètre à main s'avère nécessaire, car presque tous les actuels posemètres intégrés aux boîtiers sont incapables de donner une mesure précise pour des temps de pose supérieurs à une seconde.

● Un flash peut être utile. S'il n'est évidemment pas question de photographier le mont Saint-Michel au flash, celui-ci peut toutefois nous aider à mettre certains détails du premier plan en évidence.

● Concernant les films, seules les surfaces très sensibles sont utilisables en raison de la faible lumière disponible. Les films noir et blanc n'appellent aucune remarque particulière. Pour la couleur, il est préférable de travailler en diapositives pour plusieurs raisons, dont la principale est la conservation des couleurs originelles - le résultat ne dépend pas des filtrages choisis au laboratoire par les tireuses automatiques. Malheureusement, les émulsions inversibles ont une faible latitude de pose, ce qui peut conduire, dans certains cas où une plus grande imprécision est tolérable, à préférer les négatifs couleur. Etant donné la diversité des lumières qui coexistent la nuit, il est difficile de trancher définitivement en faveur d'un type de film - type A ou type B - ; mais pour l'amateur, les films type lumière du jour semblent mieux indiqués. Avec de tels films, les sujets éclairés en lumière incandescente (vitrines, phares des voitures, monuments, etc.) auront un rendu nettement chaud, mais cette dominante n'est nullement gênante. En couleur, et particulièrement avec des films inversibles, il faut tenir compte des conséquences de l'effet Schwarzschild si le temps de pose excède une seconde, sinon le rendu général de l'image peut être altéré.


Comment règle-t-on l'exposition ?
● Etant donné la diversité des situations, il n'est pas possible d'énoncer une règle générale pour l'exposition des images nocturnes. Il est bien évident que le niveau de lumière et sa répartition dans le champ-image doivent être pris en compte.

● Si le sujet est très bien éclairé et qu'il ne comporte pas de zones d'ombres, on peut probablement faire confiance au circuit de mesure de l'appareil et photographier normalement. Si, au contraire, le sujet est composé de parties bien éclairées mais aussi des plages sombres, il faudra procéder à une mesure sélective et de régler l'exposition sur la partie du sujet que l'on désire exposer correctement ; il s'agira en général de la zone la plus claire, car l'oeil supporte beaucoup mieux le manque de détails dans les ombres que dans les hautes lumières. Attention aux sources de lumière très vives dans le champ pour ne pas fausser la mesure : on réglera l'exposition en évitant de les cadrer puis, une fois le diaphragme et la vitesse corrects déterminés, on choisira le cadrage définitif.

● Si le sujet est très faiblement éclairé, on ne peut plus se fier à la cellule de l'appareil et a avantage à avoir recours à un posemètre à main. Mais même avec un tel posemètre, on ne peut pas toujours prévoir le résultat avec certitude. Vous pouvez donc très bien travailler au jugé et réaliser, par exemple, plusieurs vues du même sujet, avec des réglages différents (bracketing).

● Pour réussir vos premiers essais, travaillez uniquement sur un sujet spécifique dans votre ville, en notant soigneusement tous vos réglages. Quand vous serez en possession de vos résultats, recommencez en utilisant le même matériel et le même film. Fort de l'expérience précédente, vous pourrez alors modifier votre façon de travailler, et vous aurez des bases sérieuses pour corriger l'exposition.

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