À propos de Nguyen Ngoc-Rao, fondateur et éditeur du site AsiaFlash.com

La photographie rapprochée

La photographie rapprochée


La macro est-elle accessible à l'amateur peu ambitieux ou peu équipé ?
● Théoriquement, la photomacrographie n'existe que si l'on peut réaliser des rapports de reproduction supérieurs ou du moins égaux à 1 :1, c'est à dire des photographies dont les dimensions sur le film sont identiques ou supérieures à celles du sujet originel. Or, pour arriver à ce résultat, on doit posséder tout un attirail - appareil reflex, objectif macro, bagues-allonges, soufflet, pied miniature, etc. - sans parler des connaissances techniques spéciales solides. L'amateur peu ambitieux ou peu équipé devrait donc renoncer à la vraie macro.

● Cependant, même si vous ne possédez qu'un appareil compact, rien ne vous empêche de faire de la photographie rapprochée - encore que le terme "photographie rapprochée" soit souvent pris pour la photomacrographie. Il s'agit alors de réaliser des vues au rapport de reproduction le plus grand possible avec votre objectif calé sur sa distance minimale de mise au point et, éventuellement, avec l'emploi de lentilles additionnelles. Afin d'éviter toute confusion, appelons "semi-macro"ce genre de photographie rapprochée accessible à tous les amateurs.

● Précisons que la distance minimale de mise au point est la distance la plus courte possible qui sépare l'objectif du sujet photographié et qui permet encore d'avoir une image nette du sujet. On ne saurait se rapprocher davantage du sujet sans le rendre flou.


Comment emploie-t-on des lentilles additionnelles sur un appareil compact ?
● Une lentille additionnelle, appelée encore bonnette, n'est rien d'autre qu'une loupe à fixer sur l'objectif et qui procure un certain grossissement de l'image que forme le sujet photographié. Malheureusement, la plupart des compacts autofocus modernes ne peuvent recevoir un tel accessoire, ce qui empêche des prises de vues à moins de 50 cm environ.

● Lorsque le genre de l'appareil le permet, les lentilles additionnelles prennent place sur l'objectif préalablement réglé sur la plus courte distance de mise au point. Elles permettent de se rapprocher du sujet sans que celui-ci soit flou. Avec un objectif de 50 mm réglé sur 1 m et surmonté par une lentille de 1 dioptrie, la distance de prise de vue est de 50 cm. Elle passe à 33 cm avec une lentille de 2 dioptries, et à 25 cm avec l'association des deux lentilles précédentes, soit 3 dioptries.

● Faute de visée directe (reflex), on doit régler la netteté en mesurant la distance de mise au point avec une ficelle fixée à l'oeilleton de sangle et portant des noeuds aux trois distances standard d'utilisation avec les deux bonnettes de 1 et 2 dioptries.

● La détermination du cadrage est rendue difficile par la parallaxe (écart) entre l'axe du viseur et celui de l'objectif. Cet écart est d'autant plus grand que la distance objectif/sujet est plus courte. Il convient de savoir, à ce propos, que la correction automatique de parallaxe, dont sont dotés certains appareils, n'est plus effective en dessous de la distance minimale de mise au point de l'objectif. La plupart des appareils non reflex comportent, dans leur viseur, un ou plusieurs repères indiquant les corrections à apporter en fonction de la distance appareil/sujet ; mais ces indications sont en général insuffisantes si on utilise des bonnettes.

● L'un des moyens de résoudre le problème de parallaxe consiste à fabriquer soi-même un dispositif spécial à deux ou quatre branches pour délimiter la partie du sujet qui, pour une combinaison lentille/distance de mise au point déterminée, sera effectivement enregistrée sur l'image. Le cadre délimité par les branches doit être suffisamment grand pour se situer tout juste en dehors du champ de prise de vue. Quant aux tiges qui le relient à l'appareil, elles doivent être telles que le cadre lui-même soit à la distance appareil/sujet requise.

● L'emploi de lentilles additionnelles exerce une influence néfaste, assez légère mais malgré tout apparente, sur la qualité des images données par l'objectif de l'appareil. Cette influence se traduit surtout par un manque de définition sur les bords de l'image. La combinaison de deux ou plusieurs lentilles additionnelles augmente considérablement la perte de qualité d'image.

● En revanche, on ne rencontrera aucun problème d'exposition, car les lentilles additionnelles ne modifient pas la quantité de lumière admise dans l'objectif.


Si l'on possède un appareil reflex, peut-on atteindre un plus fort rapport de reproduction grâce à des accessoires peu onéreux autres que les bonnettes ?
● Oui.

● Notons tout d'abord qu'avec un reflex, on voit dans le viseur l'image qui se formera sur le film, ce qui permet d'apprécier beaucoup plus facilement le cadrage, la composition et, surtout, la mise au point. L'idéal serait de posséder un appareil à automatisme "priorité diaphragme" : vous choisissez l'ouverture, il déterminera seul le temps de pose.

● Un zoom macro peut vous permettre des rapports de reproduction intéressants pouvant aller jusqu'à 1 :4 ou même 1 :2.

● Ayez recours à un doubleur de focale. Comme son nom l'indique, cet accessoire double la focale de l'objectif avec lequel on l'utilise. La distance minimale de mise au point ne variera pas - vous ne pourrez pas vous approcher davantage du sujet sans le rendre flou -, mais le doubleur permet, à distance égale, de voir le sujet deux fois plus gros.


En quoi consiste la distance minimale de mise au point ?
● La distance minimale de mise au point est la distance la plus courte possible à laquelle vous pouvez photographier un sujet sans qu'il soit flou. Si vous vous approchez davantage du sujet, celui-ci apparaîtra bien sûr plus gros sur l'image, mais il sera flou.

● Tout objectif, quelle que soit sa focale, possède une rampe permettant d'éloigner le centre optique (les lentilles) plus ou moins du film. Regardez votre objectif : quand vous réglez la bague de mise au point sur le repère infini, il est très court, c'est-à-dire que le centre optique est le plus proche du film ; quand vous amenez la bague sur la distance minimale de mise au point, il s'allonge, c'est-à-dire que le centre optique est le plus éloigné du film. Les manipulations que vous venez d'effectuer s'appellent le tirage. Le tirage maximal correspond donc à la distance minimale de mise au point et permet de photographier des sujets assez rapprochés.

● Avec un appareil autofocus, la mise au point sur distance minimale se fait toute seule, bien entendu. Mais, avec un compact, dépourvu de visée reflex, vous devez tenir compte de la distance minimale précisée par le fabricant. Cette distance est en général de 50 cm : vous ne devriez pas photographier des objets situés plus près de vous, sous peine de flou.


Comment met-on un sujet rapproché en valeur ?
● Il existe de nombreuses façons de mettre un sujet rapproché en valeur. Citons les trois plus importantes.

  • Ne cadrez pas le sujet en plein centre de l'image. Les composants d'une photo ne doivent, sauf exception, jamais être symétriques, mais toujours divisées en deux parties inégales ; une répartition des centres d'intérêt selon les proportions 2/3-1/3 semble idéale. C'est ce qu'on appelle règle des tiers. Cette règle s'applique particulièrement aux photographies rapprochées. Positionnez donc votre sujet principal à un tiers de bords de l'image.

  • Travaillez la profondeur de champ - mais cela est très malaisé, voire impossible, avec un compact autofocus. Si vous photographiez des plans décalés, faites sombrer dans un flou plus ou moins prononcé les parties les moins intéressantes et dégagez le sujet par une mise au point rigoureuse. Quand l'objectif est réglé sur sa distance de mise au point minimale, la profondeur de champ devient très faible, et alors le contrôle de son étendue ne doit pas être laissé au hasard. Le testeur de profondeur de champ s'avère indispensable dans ce cas.

  • Enfin, au lieu de photographier vos petits sujets à hauteur de l'oeil, n'hésitez pas à vous baisser ou même à vous mettre à plat ventre. Dans la plupart des cas, ne cadrez pas en plongée - du dessus, appareil dirigé vers le sol. Très souvent, une légère contre-plongée - appareil légèrement dirigé vers le haut - donne des images percutantes, surtout s'il s'agit de fleurs.



Comment choisit-on les éclairages ?
● Pour bien mettre en valeur fleurs, animaux ou petits objets, l'éclairage ne doit jamais venir du côté de l'appareil photo, car il aplatirait les sujets.

● Le meilleur éclairage provient du soleil, surtout lorsque celui-ci est légèrement voilé.

● Très souvent, vous aurez à résoudre un problème d'ombres. Avec des sujets de petites dimensions, pareil ennui est facile à résoudre à l'aide de réflecteurs, qui peuvent être des plaques de bristol ou de carton blanc ou même un mouchoir blanc. Les réflecteurs vous permettent de diriger vers votre sujet des rayons lumineux qui, normalement, n'auraient pas dû l'atteindre. C'est avec cette technique que vous réussirez à obtenir un éclairage plus homogène et mieux réparti, permettant de protéger l'émulsion contre les trop forts écarts de luminosité, qu'elle n'est pas capable de restituer correctement.

● Si vous vous proposez de photographier une fleur alors que le soleil est au zénith et par conséquent l'éclairage abominable, adoptez la solution suivante : tendre entre le soleil et votre sujet un morceau d'étoffe blanche et légère, qui laissera passer la lumière en la diffusant. Le résultat sera spectaculaire - les ombres juste assez contrastées et les couleurs admirablement bien saturées.

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