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La mesure de la lumière

La mesure de la lumière


Comment mesure-t-on la lumière ?
● Il existe deux méthodes de mesure de la lumière. La première consiste à mesurer la lumière qui frappe l'objet à photographier. C'est la mesure de la lumière incidente (on dit parfois mesure incidente). Elle est entièrement fiable puisque l'exposition doit justement se faire en fonction de l'éclairement du sujet, c'est-à-dire en fonction de la quantité de la lumière qu'il reçoit. Elle ne peut se faire qu'avec un posemètre autonome, lorsque le sujet est accessible et lorsque le photographe n'est pas pressé. Pour les sujets éloignés, on peut, à la rigueur, mesurer la lumière qui tombe sur un sujet situé près de l'appareil, à condition que cette dernière soit semblable à celle qui illumine les sujets inaccessibles.

● La seconde méthode est la mesure de la lumière réfléchie (on dit parfois mesure réfléchie). Tous les posemètres incorporés aux appareils photographiques réalisent ce type de mesure. Elle est pratique, rapide, efficace dans la plupart des cas, mais donne lieu à de sempiternelles déconvenues et controverses en ce qui concerne les cas "anormaux". En général, les indications d'un posemètre incorporé sont fiables pour les sujets "moyens" éclairés par une lumière frontale. Nous y reviendrons.


La mesure TTL est-elle identique sur tous les appareils ?
● Non. Il existe quatre sortes de mesures TTL, qui ne s'excluent pas nécessairement les unes les autres. Il est indispensable de bien connaître le système de mesure dont est doté votre appareil afin de prendre toutes les précautions qui s'imposent.

  1. Mesure intégrale. Le posemètre mesure la luminosité de tous les éléments de la scène apparaissant dans le champ et préconise une valeur d'exposition moyenne. Ce type de mesure ne s'avère guère satisfaisant si le sujet n'est pas éclairé assez uniformément : ce qui est clair ne sera pas assez clair, et ce qui est sombre ne sera pas assez sombre sur l'épreuve finale.

  2. Mesure pondérée. La mesure est prise sur toute la scène apparaissant dans le champ, mais pas partout de la même façon. La sensibilité de la cellule est maximale dans la partie centrale du viseur et décroît progressivement vers les bords ; la différence peut atteindre et même dépasser 3 IL ! Cette pondération est basée sur la supposition que le sujet principal ou la partie la plus intéressante du sujet ont de grandes chances de se trouver au centre de l'image - supposition que les bonnes vieilles règles de la composition photographique récusent généralement. D'autre part, la cellule est plus sensible dans la partie inférieure que dans la partie supérieure du viseur, ceci afin de réduire l'influence de la luminosité du ciel et de privilégier l'exposition de la scène terrestre plus sombre ; cet arrangement, si séduisant qu'il puisse paraître, devient embarrassant lorsque l'opérateur s'avise de faire un cadrage vertical et non plus horizontal, ou de photographier autre chose qu'un paysage.

  3. Mesure spot (ou ponctuelle ou sélective). Elle est limitée à une partie extrêmement restreinte située au centre du viseur ("spot" en anglais signifie "point"). Elle permet au photographe de réaliser la mesure sur l'élément du sujet qu'il veut exposer correctement au détriment de tout le reste de la scène. Pour ce faire, il doit placer le sujet principal dans la zone de mesure, c'est-à-dire au centre du viseur ("dans la pastille" en jargon photographique). Avec un appareil dépourvu de mémoire, il sera souvent condamné à réaliser ses clichés avec le sujet principal au centre de l'image, ce qui se révèle ordinairement préjudiciable à une bonne composition ; pour avoir le sujet excentré, il devra noter la valeur d'exposition indiquée par le posemètre, débrayer l'automatisme, afficher manuellement les paramètres de la valeur notée, puis recadrer avant de déclencher. Un dispositif de mémorisation, dont certains appareils sont pourvus, permet de conserver la mesure lorsqu'on recadre (c'est-à-dire lorsqu'on déplace le sujet principal du centre du viseur) et par conséquent de travailler plus vite et plus confortablement. Quelques appareils permettent même de mémoriser plusieurs mesures ponctuelles de différentes parties du sujet pour un même cliché ; le résultat sera la moyenne de toutes les valeurs d'exposition mémorisées. La mesure sélective est précise mais ne permet évidemment pas d'opérer très vite. Dans un proche avenir, tout bon appareil grand public devrait permettre une mesure pondérée et une mesure ponctuelle avec mémorisation.

  4. Mesure multi-zones. La marque Nikon a été la première à proposer ce type de mesure. Le posemètre mesurera la luminosité du sujet sur cinq parties différentes qui se chevauchent légèrement, puis examinera le résultat obtenu. Il cherchera ensuite parmi les milliers de clichés types emmagasinés dans sa mémoire celui dont la configuration ressemble le plus à celle du cliché que l'opérateur devra prendre. Lorsqu'il aura trouvé ce cliché type, il adoptera les mêmes bons paramètres d'exposition que le fabricant a utilisés pour réaliser le cliché type. Grâce à l'électronique, toutes ces démarches laborieuses ne prendront qu'une infime fraction de seconde, et le photographe pourra opérer très vite tout en étant pratiquement sûr que les parties du sujet qu'il a l'intention de privilégier ou aurait dû souhaiter privilégier seront bien exposées. Avec ce genre de mesure, le succès est assuré dans 98% des cas !


● Comme nous avons pu le constater, le principe du fonctionnement des trois premiers systèmes de mesure est le même ; il n'y a que la plage de mesure qui change.


Si la mesure multi-zones est tellement efficace, pourquoi tout le monde ne l'a-t-il pas adoptée ?
● Cette efficacité se fait payer très cher. Espérons qu'elle arrivera à se démocratiser dans un avenir pas trop lointain.

● D'autre part, si à un moment donné vous voulez expressément sous ou surexposer le sujet principal d'une scène, la mesure multi-zones n'aura aucun moyen de connaître votre intention et se révélera aussi inepte que les autres systèmes de mesure. Remarquez que le dispositif de correction ne peut modifier que l'exposition de l'image entière et non pas seulement d'une partie de l'image. Tout cela revient à dire que, malgré la sophistication des méthodes de mesure de l'exposition, l'intelligence humaine reste irremplaçable et que le dernier mot appartient toujours à l'opérateur.

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