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Les indices de lumination

Les indices de lumination


Comment change-t-on une valeur d'exposition ?
● Rien de plus simple. Supposons que vous ayez retenu la valeur d'exposition de f/8 et 1/125. Si vous voulez multiplier cette valeur par deux, c'est-à-dire si vous voulez laisser entrer deux fois plus de lumière (surexposer), vous pouvez, soit choisir une ouverture deux fois plus grande (f/5,6) sans modifier le temps de pose, soit afficher une vitesse deux fois plus lente (1/60) en conservant f/8. L'une et l'autre opérations ont pour conséquence d'augmenter l'exposition d'une valeur. Dans la notation courante, on désigne cette augmentation par +1 IL (c'est-à-dire 1 indice de lumination de plus).

● Si, au lieu de surexposer, vous sous-exposez d'une valeur, on dit que vous effectuez un réglage de -1 IL, c'est-à-dire, en reprenant l'exemple ci-dessus, que vous choisissez f/11 et 1/125, ou f/8 et 1/250.


Doit-on toujours procéder par valeurs entières ?
● Non. Certains appareils ont un dispositif qui vous permette de corriger l'exposition par moitiés ou tiers de valeur. Cela est appréciable pour obtenir une exposition plus juste, surtout s'il s'agit de films inversibles (films pour diapositives), qui n'autorisent aucune correction postérieure à la prise de vue.

● Votre appareil n'est pas doté d'un tel dispositif ? Vous ne serez pas désarmé pour autant. S'il fonctionne en automatisme, décalez l'affichage de la sensibilité du film : affichez une sensibilité plus élevée que la sensibilité nominale du film utilisé si vous voulez sous-exposer (laisser entrer moins de lumière), et affichez une sensibilité moins élevée si vous voulez surexposer (laisser entrer plus de lumière). L'échelle de sensibilités des films gravée sur les appareils donne généralement des moitiés, des tiers et même des quarts de valeur. L'opération de décalage n'est évidemment pas possible avec les appareils à codage DX non débrayable (non outrepassable). N'oubliez pas de revenir à l'affichage initial, réel, de la sensibilité du film dès que la correction ne s'avère plus nécessaire.

● Si vous opérez en semi-automatique, les indications dans le viseur seront assez explicites pour vous permettre d'effectuer facilement la correction voulue : un repère fixe vous indiquera la valeur d'exposition préconisée par le posemètre ; vous n'aurez alors qu'à régler le diaphragme ou le temps de pose, suivant votre choix, de façon à obtenir la valeur désirée, laquelle sera indiquée par un repère mobile (le plus souvent par une aiguille baladeuse).

● Ce que la plupart des amateurs ignorent est que les réglages du diaphragme peuvent se faire non seulement par paliers (valeurs entières), mais aussi en continu (par fractions de valeur). Vous n'êtes nullement obligé de laisser le diaphragme exactement sur f/4 ou f/5,6, mais pouvez parfaitement choisir de le régler sur une position intermédiaire entre ces deux valeurs pour avoir une valeur d'exposition intermédiaire, même si aucun cran n'est prévu pour cette position.

● Il est également possible de régler les temps de pose par fractions.


Les indices de lumination sont-ils normalisés ?
● Oui, bien sûr. On part de IL 0, qui correspond au couple diaphragme/vitesse de f/1 et 1 s de pose pour un film de 100 ISO (cette sensibilité de film est retenue pour les normalisations en photographie). Ce couple, nous le savons maintenant, laissera passer une quantité de lumière bien définie. Les couples équivalents sont : f/1,4 et 2 s, f/2 et 4 s, f/2,8 et 8 s, etc.

● IL 1 correspond à la moitié de la quantité de lumière indiquée par IL 0. Il représente le couple diaphragme/vitesse de f/1,4 et 1 s. Les couples équivalents sont : f/1 et 1/2 s, f/2 et 2 s, f/2,8 et 4 s, f/4 et 8 s, etc.

● IL -1 indique une quantité de lumière deux fois plus grande que celle indiquée par IL 0.


Existe-t-il une échelle d'indices de lumination, comme il existe une échelle de valeurs de diaphragme et une échelle de valeurs de temps de pose ?
● Oui, assurément. Vous trouverez ci-après l'échelle des IL normalisés.

● Examinons cette échelle. Elle représente toutes les combinaisons possibles de diaphragme et de temps de pose de IL -2 à IL 22. Tous les points d'intersection sur une même diagonale indiquent la même quantité de lumière : chaque diagonale représente donc un IL. Prenons IL 12 comme exemple : Pour un film de 100 ISO, cet IL correspond à f/32 et 1/4 s, f/22 et 1/8 s, f/16 et 1/15 s, f/11 et 1/30 s, f/8 et 1/60 s, f/5,6 et 1/125 s, f/4 et 1/250 s, f/2,8 et 1/500 s, f/2 et 1/1000 s, f/1,4 et 1/2000 s, ou encore à f/1 et 1/4000 s.

● Le recours aux IL ainsi normalisés est vraiment utile : le numéro d'ordre d'un seul IL annonce toutes les combinaisons possibles de couples diaphragme/vitesse donnant la même quantité de lumière. L'échelle des IL permet notamment d'interpréter les indications de la plupart des posemètres autonomes (posemètres à main), ou de connaître les performances d'exposition des appareils photographiques ou le comportement de leur mode programme s'ils en sont dotés.

● Remarquez que plus un sujet est éclairé, plus il nous oblige à monter dans l'échelle des IL pour bien l'exposer, et inversement.

● Cependant, les sujets dépassant IL 16 ne sont plus des objets éclairés, mais en réalité de vives sources lumineuses (spots de scène de spectacle, de stade, de vitrine, etc.) ou des reflets spéculaires du soleil sur des surfaces brillantes (eau, vitres, pavés mouillés, etc.). Chercher à bien exposer de tels sujets reviendrait à sous-exposer massivement - à charbonner - tout le reste de l'image. Le bon sens nous dit qu'il faut, au contraire, exposer correctement la plus grande partie de l'image, quitte à surexposer (délaver) sources lumineuses et reflets. Autrement dit, ne dépassons jamais la valeur de IL 16, et n'accordons pas notre préférence à un appareil qui se vante d'être couplé à des IL supérieurs à IL 16, ce couplage excessif n'étant en réalité qu'un handicap pour l'utilisateur.

● Attention ! Les numéros attribués conventionnellement aux IL dans l'échelle des IL normalisés sont des numéros d'ordre. Si votre appareil est réglé pour une exposition équivalente à IL 12, par exemple, et que vous voulez augmenter (surexposer) d'un IL, n'adoptez pas IL 13, mais IL 11. En effet, pour surexposer d'un cran (+1 IL), il faut descendre dans l'échelle ; et pour sous-exposer d'un cran (-1 IL), il faut monter. En d'autres termes, plus on monte dans l'échelle, moins il y aura de lumière admise dans la chambre noire, et inversement.


Quel est l'intérêt de choisir un couple plutôt qu'un autre appartenant au même IL puisque tous les deux donnent la même valeur d'exposition ?
● La possibilité de choisir comporte plusieurs avantages dont voici les principaux. En premier lieu, un temps de pose court permet de figer le sujet dans ses mouvements alors qu'un temps de pose long provoque un flou qui suggère le mouvement. D'un autre côté, une petite ouverture de diaphragme procure une grande profondeur de champ tandis qu'une grande ouverture donne une image dont certaines parties sont plus nettes que le reste. Enfin, avec des téléobjectifs, il est impératifs d'opérer à une vitesse élevée afin d'éviter le flou de bougé, défaut si fréquent chez les amateurs.

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