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L'éclair du flash et le contraste

L'éclair du flash et le contraste


Est-ce que, en estompant les ombres sur le sujet par la diffusion de la lumière, on estompe du même coup son ombre portée ?
● Absolument. C'est une raison de plus pour toujours chercher à diffuser l'éclair du flash d'une façon ou d'une autre.

● Mais il est souvent souhaitable d'éliminer complètement les ombres portées, qui sont particulièrement inesthétiques si l'éclairage est frontal : imaginez une photo où l'ombre portée est à la même hauteur que le sujet et collée à lui ! Veillez donc, en plus de la diffusion, à installer le sujet assez loin du fond ou le mur latéral où son ombre risque de se projeter. Si cela n'est pas possible, placez l'appareil ou, mieux, le flash légèrement au-dessus du sujet pour que son ombre tombe derrière lui.


Peut-on utiliser un flash pour neutraliser les ombres provoquées par un autre flash ?
● Non et oui.

● Si les deux lumières ne sont pas diffusées, ce sera généralement une catastrophe, car elles créeront toutes deux des ombres dures qui risqueront de se croiser. Imaginez un portrait où le nez du modèle projette deux ombres nettes, une à gauche et une à droite !

● Mais si les deux lumière sont diffusées et que l'une est sensiblement moins forte que l'autre, nous aurons un éclairage du plus bel effet. Les portraitistes professionnels ne procèdent d'ailleurs pas autrement.

● Dans bien des cas, nous n'aurions même pas besoin d'un second flash. Un panneau réflecteur passif (carton blanc, plaque de polystyrène, etc.), disposé à l'opposé du flash unique, renverra une belle et douce lumière vers le sujet et estompera admirablement les ombres. Il jouera le rôle de source lumineuse secondaire, plus faible.

● Si l'éclairage direct du flash, qu'il soit frontal ou plus ou moins latéral, donne souvent des images contrastées et plates, l'éclairage indirect seul, dispensé par transparence ou réflexion, procure des images plutôt "molles". La meilleure solution à ces deux problèmes serait de disposer de deux sources lumineuses diffusées.


Il est des circonstances où l'on souhaite atténuer ou éliminer les ombres d'une scène photographiée en lumière ambiante. Peut-on le faire avec le flash ?
● Absolument. Cette pratique, connue sous le nom de fill-in au flash, s'emploie très souvent, surtout en photographie de mode, et qui donne des effets très agréables. Rappelons que la lumière du flash est très proche de la lumière du jour et qu'il n'y a aucun inconvénient à mélanger les deux.

● Pour comprendre le rôle du fill-in au flash, prenons le cas d'un sujet photographié à contre-jour. Si nous ne surexposons pas, son visage, qui se trouve dans l'ombre, sera vraisemblablement méconnaissable sur la photo parce que trop sombre et sans détails. Mais si nous surexposons suffisamment pour faire ressortir des détails sur ce visage, les parties claires de l'image - les hautes lumières - risqueront d'être plus ou moins délavées. Reste une troisième solution : exposer correctement l'environnement (le plus souvent l'arrière-plan) en fonction de la lumière ambiante et renforcer l'éclairage du visage avec une lumière d'appoint, en l'occurrence celle d'un flash. L'écart de densité entre les différentes parties de la scène s'en trouvera réduit à des proportions plus naturelles.

● Un visage assombri par le chapeau, une personne à l'intérieur d'une voiture ou à l'ombre d'un arbre, un personnage sur fond très clair (neige, sable, eau, etc.)... voilà des sujets qui gagnent à être éclairés avec un flash afin que l'équilibre des contrastes dans l'image soit réalisé. Grâce au flash, on peut aussi homogénéiser l'illumination d'un sujet éclairé de façon inégale, irrégulière ; ainsi, par exemple, l'ombre en mosaïque d'un feuillage sur un sujet peut être effacée par la lumière du flash.


Comment effectue-t-on le fill-in au flash ?
● Les démarches varient suivant le matériel photo dont on dispose. Avec certains appareils dotés d'un mode programme au flash, il suffit d'allumer le flash dédié et tout se fera tout seul ; c'est le fill-in automatique. Quelques appareils, même compacts, sont tellement intelligents qu'ils repèrent un contre-jour, allument le flash et effectuent tous les réglages nécessaires eux-mêmes, sans aucune intervention de l'opérateur. Mais si l'on ne possède pas l'un de ces merveilleux appareils, on doit procéder par deux étapes distinctes avant le déclenchement.

  • Première étape. Régler l'exposition de la scène en fonction de la lumière ambiante - que celle-ci soit d'origine naturelle ou artificielle, peu importe - en tenant compte de toute correction éventuelle nécessaire (par exemple, à cause de la présence d'un élément perturbateur dans le champ). Si le sujet principal - celui qui sera éclairé par le flash - occupe une grande partie du champ, faites la mesure uniquement sur les zones éclairées par la lumière ambiante, en privilégiant les éléments les plus significatifs de ces zones. Adoptez une ouverture appropriée en fonction de la vitesse de synchronisation que vous devez afficher pour utiliser le flash.

  • Seconde étape. Régler le flash de façon à sous-exposer d'environ 1 IL les parties sombres à éclairer, en jouant sur la distance flash/sujet, en fonction du nombre-guide du flash, de l'ouverture de diaphragme adoptée et de la sensibilité du film. En effet, l'éclair du flash doit être discret afin de préserver un caractère naturel à l'image.



Il paraît, dans ces conditions, que les appareils les plus simples ne présentent pas beaucoup de possibilités de fill-in au flash. Est-ce vrai ?
● Cela est bien vrai si l'on recherche la perfection. Mais si l'on sait se contenter d'un résultat approximatif, on n'aura peut-être pas à se chagriner. Essayez toujours de voir ce que votre propre appareil peut donner. L'exposition des parties claires n'appelle pas de remarques particulières. Quant à l'éclairage au flash, calculez la distance sujet /appareil en fonction de l'ouverture (s'il est possible de la connaître), du nombre-guide nominal du flash (celui attribué et précisé par le fabricant), et de la sensibilité du film pour obtenir la sous-exposition voulue.

● En général, les résultats sont acceptables si la distance du sujet est comprise entre 2 et 3 m et si le fait d'utiliser le flash n'entraîne pas automatiquement l'affichage de la plus grande ouverture disponible sur l'objectif.

● Utilisez en tout cas un film négatif couleur, préférablement de 200 ISO, parce que, très tolérant, il vous réserve une bonne marge d'erreur.


Ne vous paraît-il pas bizarre, sinon ridicule, d'employer le flash en plein jour, sur une plage inondée de lumière, par exemple ?
● Soyez sans vergogne si des gens sourient en vous voyant photographier au flash en pleine lumière d'été. Ils ne savent pas que dans ce cas le flash sert, non pas à illuminer toute la scène, mais à réduire les contrastes engendrés par la lumière trop vive du soleil, contrastes qui sont d'autant plus marqués et qui ont d'autant plus besoin d'être adoucis que la lumière solaire est plus intense. A leur curieuse question éventuelle, répondez que, faute d'un panneau réflecteur, vous devez vous rabattre sur le flash.


Pouvez-vous résumer les principes de la réduction de contraste avec un flash ?
● Une réduction de contraste présuppose qu'un sujet est déjà éclairé par une source de lumière quelconque mais que cet éclairage est irrégulier, engendrant des ombres indésirables ou trop nettes. Le terme fill-in au flash implique généralement, mais pas nécessairement, que l'éclairage primaire est assuré par la lumière du jour.

● Pour effectuer un fill-in au flash, il faut procéder à deux expositions par un seul déclenchement. La première exposition concerne les zones déjà éclairées et nécessite un choix de l'ouverture et du temps de pose, ce dernier ne devant pas être supérieur à la vitesse de synchronisation. La seconde exposition concerne les zones d'ombre à éclairer au flash ; une sous-exposition d'un IL est généralement nécessaire puisque le rôle du fill-in consiste à éclairer les ombres, rarement à les éliminer complètement.

● On voit tout l'intérêt à disposer d'un appareil fonctionnant à une vitesse de synchronisation élevée (1/125 ou, mieux encore, 1/250 de seconde) et d'un flash puissant. En forte luminosité ambiante, en effet, une grande vitesse de synchronisation permet d'éviter des ouvertures excessivement petites (f/16 ou f/22), lesquelles obligeraient le flash, s'il n'est pas très puissant, à se rapprocher indûment du sujet. Supposons, par exemple, qu'une scène exige une exposition équivalente à IL 14. Avec une vitesse de synchro de 1/250, l'ouverture sera f/8 ; mais si elle n'est que de 1/60, l'ouverture devra être f/16. Un flash de NG 28 pourra être installé à 3,50 m du sujet dans le premier cas, mais seulement à 1,75 m dans le second cas. Le rapprochement exagéré du flash non seulement gênerait le modèle mais encore procure un éclairage exécrable. Un film très lent, par exemple de 25 ISO, n'est pas une bonne compensation pour la faible vitesse de synchronisation car, s'il permet d'une part d'utiliser une grande ouverture, il réduit d'autre part le nombre-guide fonctionnel du flash, c'est-à-dire sa portée utile. En revanche, il convient de ne pas utiliser un film trop sensible, par exemple de 400 ISO, afin d'éviter des ouvertures trop petites.


Les deux zones à exposer doivent-elles être bien séparées ?
● Bien sûr que non. Elles peuvent l'être, comme par exemple c'est le cas d'un personnage se découpant sur une vaste étendue de ciel. Mais la plupart du temps elles s'entremêlent, entraînant ainsi un mélange de deux lumières, lumière ambiante et lumière du flash.


Puisque la lumière du flash ressemble beaucoup à la lumière diurne, n'est-il pas gênant de faire un fill-in au flash quand la lumière ambiante est chaude, par exemple au coucher du soleil ou à un dîner aux chandelles ?
● Oui, en effet, si l'éclair du flash est trop puissant. Mais son effet ne se remarquera pratiquement pas si vous effectuez une sous-exposition d'un IL comme il est toujours conseillé. Pour être absolument sûr de ne pas introduire une note malencontreuse, placez une gélatine jaune orangé sur le réflecteur du flash.


Si l'élément à éclairer au flash se trouve loin de l'appareil, comment fait-on pour réaliser le fill-in au flash ?
● Il n'est pas question, bien sûr, d'éclaircir l'ombre d'une colline projetée sur le flanc d'une autre colline.

● Mais si la partie sombre se trouve à une distance raisonnable, on peut l'éclaircir au flash de trois façons :

  • Employez le flash en extension. Placez le flash à une distance utile de la partie sombre, mais en dehors du champ, et reliez-le à l'appareil par un cordon de synchronisation. Procédez aux réglages des deux expositions comme indiqué précédemment. (Cette opération est actuellement impossible avec les appareils grand public, soit parce qu'ils sont dépourvus de prise de synchro externe, soit parce que le flash n'est pas détachable.)

  • Utilisez un flash muni d'une cellule de déclenchement à distance. Cette opération est accessible même aux possesseurs d'un appareil grand public. Placez ce flash à une distance utile de la partie sombre en vous référant à son nombre-guide. Assurez-vous qu'il ne figure pas dans le champ. Un autre flash, préférablement de très faible puissance, sera fixé sur l'appareil (il peut s'agir du flash intégré des compacts). Lors du déclenchement, le petit flash s'allumera, et son éclair, capté par le cellule d'auto-déclenchement de l'autre flash, allumera instantanément celui-ci. Ce procédé nous évite de nous encombrer de cordon qui n'en finit pas. Le flash à déclencher à distance peut être manuel ou automatique. Le flash fixé sur l'appareil est nommé flash-maître, et celui à cellule d'auto-déclenchement (cellule d'asservissement) est appelé flash-esclave. La lumière continue (soleil, éclairage domestique, etc.), même forte, ne peut déclencher le flash-esclave ; seul un éclair de lumière qui modifie subitement l'éclairage ambiant est capable de le faire.



  • Recourez à la technique de réflexion. Installez une grande surface blanche - l'idéal serait une toile argentée commercialisée - derrière l'appareil photo ou dans tout autre endroit opportun et en dehors du champ, et faites-y réfléchir l'éclair du flash - il s'agit soit d'un flash en extension soit d'un flash-esclave. C'est d'ailleurs la technique qu'on utilise assez souvent pour simuler la lumière du jour entrant par une fenêtre. Si une fenêtre existe effectivement, on peut y placer un flash, éventuellement avec un écran diffuseur, pour renforcer la lumière naturelle entrant dans la pièce.



Peut-on utiliser ces trois techniques pour éclairer plusieurs éléments sombres d'une vaste scène ?
● Oui, et c'est ce qu'on appelle la technique des flashes multiples ou technique de l'éclairage multiple. En général, il est impossible d'utiliser plus de trois flashes en extension. Mais il n'y a aucune limite au nombre de flashes-esclaves qu'on veut employer. C'est ainsi qu'on arrive à photographier de très grandes pièces ou des endroits spacieux comme l'intérieur d'une église.

● Pensez à disposer les différents flashes-esclaves de telle façon qu'ils n'apparaissent pas sur l'image mais que leur cellule d'asservissement puisse sentir l'éclair du flash-maître. Faites un essai au préalable en appuyant sur le bouton de déclenchement du flash-maître.

● Dans le cas d'un éclairage aux flashes multiples non TTL (flashes non soumis au contrôle de l'électronique du boîtier), le flashmètre est le seul moyen nous permettant de mesurer l'exposition avec précision. Mais, l'expérience aidant, nous pouvons exposer au jugé avec un degré d'erreur acceptable, surtout si nous utilisons un film négatif, à condition de bien régler le flash qui donne l'éclairage principal (ce flash n'est pas nécessairement le flash-maître).

● N'oublions pas que nous sommes jusqu'ici en train de parler de fill-in au flash, ce qui suppose deux sortes d'exposition concomitantes, l'une en lumière ambiante et l'autre au flash. Mais rien ne nous empêche, bien sûr, de réaliser un cliché modulé entièrement au flash, avec deux ou plusieurs flashes, par exemple pour faire un portrait. Dans ce cas, on doit régler la puissance des flashes d'appoint de telle sorte que leur éclairage soit moins fort dans les proportions souhaitées que celui du flash principal, lequel joue le rôle d'éclairage d'ambiance, en les éloignant ou en les rapprochant du sujet. Le flashmètre sera d'un concours précieux dans ce cas. On peut cependant se passer de calculs et de flashmètre si les flashes d'appoint sont dotés d'un variateur de puissance et reliés au contrôle TTL du flash de l'appareil.

● Il est préférable d'utiliser le moins de flashes possible et de s'assurer que chacun d'eux apporte une contribution positive dans l'éclairage du sujet. Car il ne faut pas croire que le degré d'esthétique ou de créativité est proportionnel au nombre de flashes utilisés. On peut avoir recours à un flash placé en hauteur : il formera l'éclairage principal ou simulera la lumière du soleil. Un autre flash peut éclairer l'arrière-plan, et un troisième sera dirigé contre un réflecteur placé près de l'appareil photo afin de déboucher les ombres. On doit toujours disposer avec circonspection les flashes dont l'éclairage sera direct, non diffusé ou réfléchi, en observant les aires que chacun d'eux devra illuminer et l'emplacement des ombres projetées par eux.


Il paraît donc que même avec un appareil grand public on peut effectuer un éclairage multiple. Est-ce vrai ?
● Oui. Les petits flashes incorporés des appareils compacts donnent des résultats plutôt médiocres s'ils sont utilisés seuls pour éclairer. Mais ils peuvent s'avérer excellents si on les emploie pour déclencher un ou plusieurs flashes-esclaves plus puissants et placés dans des endroits judicieusement choisis de manière à répartir leur lumière sur toute la scène. Le résultat sera merveilleux si, en plus, on arrive à diffuser la lumière des flashes-esclaves.

● Pensez à cette solution presque idéale quand vous organiserez une soirée chez vous. Tout le monde, les invités ainsi que vous-même, pourra évoluer librement dans la salle et vous pourrez prendre des photos à partir de n'importe quel coin de la pièce. L'appareil compact s'avérera un atout et non plus un handicap par rapport au reflex puisqu'il est beaucoup plus léger et maniable et que le problème d'éclairage ne se pose pratiquement plus. Utilisez un film négatif couleur de 200 ISO pour pallier les erreurs d'exposition éventuelles. Même un appareil à automatisme TTL au flash ne pourrait vous procurer autant de confort et de liberté puisqu'il doit exercer son contrôle sur les flashes par l'intermédiaire de câbles encombrants.

● Malheureusement, toute médaille a son revers : si quelqu'un d'autre que vous prend aussi des photos au flash, il déclenchera inopinément vos flashes-esclaves.

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