À propos de Nguyen Ngoc-Rao, fondateur et éditeur du site AsiaFlash.com
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Les inconvénients du flash direct

Les inconvénients du flash direct


L'éclairage au flash semble presque toujours moins bon que celui fourni par la lumière naturelle. Est-ce vrai et pourquoi ?
● Il est vrai que la plupart des amateurs réalisent de meilleures photos en lumière du jour qu'avec un flash. Cette différence de qualité des photos n'est nullement due à une quelconque différence de nature inhérente à ces deux sortes de lumière : théoriquement, elles sont équivalentes. Mais leurs effets sont souvent différents, à cause de la manière dont chacune de ces lumières est habituellement distribuée.

● Plus une source lumineuse est petite, directionnelle et proche, plus son éclairage est dur et engendre des ombres marquées ; plus elle est grande, diffuse et éloignée, plus son éclairage est doux et engendre des ombres discrètes. Voilà un axiome qui explique la différence que vous constatez.

● Le soleil est une grande source lumineuse. Il est à 150 millions de kilomètres de la terre. Sa lumière est souvent diffusée par des couches atmosphériques (brume, brouillard, nuages, etc.), et réfléchie par notre environnement (eau, feuillages, constructions, etc.).

● Le réflecteur du flash d'amateur, par souci de maniabilité, a été ramené à des dimensions de plus en plus réduites. Les rayons de lumière qu'il émet sont par conséquent directionnels et violents. Pour que le sujet reçoive assez de lumière, on est souvent obligé de photographier de très près. Et, pour la commodité, on préfère souvent utiliser le flash fixé sur l'appareil et non tenu à la main ou installé sur un support à proximité de l'appareil photo. Résultat : l'éclairage au flash est dur, cru, et estompe la forme et la texture du sujet - en un mot, il est inesthétique. Vous obtiendriez à peu près le même effet catastrophique si vous photographiiez un personnage en plein soleil de midi un jour d'été.

● L'éclairage au flash direct ne se justifie guère que lorsqu'on veut délibérément obtenir un contraste maximum ou isoler le sujet de son environnement, et cela au détriment d'autres considérations.


Que peut-on faire pour pallier l'inconvénient du flash que vous venez de mentionner - pour adoucir son éclairage et estomper les ombres ?
● A la rigueur on cherchera à éloigner le flash du sujet pour abaisser le contraste. Mais la meilleure solution sera de diffuser la lumière du flash afin de rendre la source plus grande et moins directionnelle. C'est en somme de l'éclairage indirect qu'il s'agit. On peut y parvenir soit en réfléchissant l'éclair, soit en le faisant traverser un corps translucide.


Pouvez-vous d'abord détailler la méthode de diffusion par transparence ?
● C'est la méthode la plus facile à réaliser par les amateurs. Une feuille de papier calque, une épaisseur de gaze blanche, un bas, ou un fin mouchoir blanc placés sur ou devant le réflecteur du flash peuvent améliorer sensiblement l'éclairage. Il existe dans le commerce un ballon gonflable en matière plastique à fixer sur le flash et qui diffuse admirablement bien la lumière ; dégonflé, il n'est pas plus encombrant qu'un mouchoir. Des écrans portatifs destinés à tamiser la lumière sont aussi en vente.

● On peut également utiliser un parapluie translucide - mais il est plutôt encombrant et se rapproche déjà un peu plus du matériel professionnel. Une grande feuille de papier calque ou un voile léger interposée entre le flash et le sujet produisent à peu près le même effet qu'un parapluie. Remarquez que, plus l'objet translucide se trouve loin du flash, plus son action diffusante sera sensible. En général, vous obtiendrez les meilleurs effets si le flash est à un mètre de l'écran diffuseur, celui-ci devenant lui-même une grande source lumineuse semblable au soleil voilé.

● Des filtres diffusants sont souvent livrés avec les flashes ou vendus en option. Leur action consiste à élargir plus ou moins le faisceau lumineux. Utilisez, pour un objectif standard (environ 50 mm), un diffuseur dont l'angle de diffusion est équivalent à l'angle couvert par un objectif semi-grand-angulaire (35 mm) ou, mieux, grand-angulaire (28 mm).

● Pour vous rendre compte de visu de l'efficacité de la diffusion par transparence, photographiez une scène sur la plage un midi d'été. S'il est absolument déconseillé de photographier en plein soleil à cause des ombres dures qu'il engendre, les photos prises d'un personnage placé sous un vieux parasol blanc seront d'une grande douceur et d'un bon modelé.

● L'adoucissement de la lumière du flash réduit malheureusement la portée de son éclair. Ce raccourcissement étant fonction du matériau diffusant utilisé, il est impossible de le chiffrer d'une façon globale. En général, pourtant, on pourrait dire que la diffusion et l'absorption nous font perdre un cran de diaphragme. Avec un flash manuel, vous n'aurez tout simplement qu'à ouvrir le diaphragme d'un cran pour compenser la perte. Un flash automatique, TTL ou non, tiendra compte de l'affaiblissement et allongera l'éclair pour bien exposer le sujet. Mais dans l'un et l'autre cas, il faudra s'assurer que le sujet reste encore à la distance utile maximale de l'éclair (consultez le tableau calculateur au dos du flash ou divisez le nombre-guide nominal du flash par 1,41 pour obtenir le NG fonctionnel, lequel, divisé par l'indice de l'ouverture, vous donnera la distance recherchée). Approchez-vous du sujet si nécessaire. Dans tous les cas, il est conseillé de faire des essais et de bien étudier les résultats afin de déterminer le taux de perte - le degré d'affaiblissement - avec précision.

● Avec la méthode de diffusion par transparence, il est toujours conseillé de détacher le flash de l'appareil et de le positionner légèrement plus haut que le sujet et un peu de côté afin de simuler l'éclairement solaire, pour un meilleur effet.


Comment peut-on réfléchir la lumière ?
● Il est peut-être moins aisé de réfléchir la lumière du flash que de la diffuser à travers un corps translucide ; mais si l'on arrive à le faire, les résultats seront excellents. Il s'agit de diriger l'éclair contre une surface plus ou moins réfléchissante, qui casse les rayons avant de les renvoyer sur le sujet. Plus la surface est grande, plus l'effet de diffusion sera perceptible et plus l'éclairage sera doux. Il faut que la surface soit d'un blanc neutre, sinon la lumière arrivant sur le sujet aura la coloration de la surface, ce qui peut être gênant.

● Il est évident que les flashes incorporés aux compacts ne nous permettent pas de réaliser ce mode de diffusion puisqu'ils n'ont pas de tête orientable ni ne sont détachables des appareils.


Quelles sont les surfaces réflexives qu'on peut utiliser ?
● Il faut d'abord penser au plafond, qui est souvent blanc, assez dégarni et pas très loin. Dirigez le réflecteur du flash vers le plafond de telle façon que le plus gros de la lumière réfléchie tombe juste devant le sujet principal. Compte tenu de la distance flash/plafond/sujet que l'éclair devra franchir ainsi que la déperdition et de l'absorption de l'énergie lumineuse, il faut généralement tabler sur une baisse de puissance d'au moins deux crans de diaphragme - cela revient à diviser le nombre-guide nominal du flash par 2. Assurez-vous dans ces conditions que le sujet reste encore dans la limite de la portée utile de l'éclair. Effectuez les réglages vous-même si vous travaillez avec un flash manuel. Un flash automatique essaiera tout seul à bien exposer le sujet, mais il est incapable de fournir une puissance supérieure à sa puissance réelle.

● Il n'est pas nécessaire de détacher le flash de l'appareil s'il est muni d'une tête orientable. Pour le cas d'un flash à computer, il faut impérativement garder la cellule de mesure face au sujet.

● La lumière réfléchie par le plafond donne en général un très bel effet. Malheureusement, elle n'arrive d'ordinaire pas à illuminer les yeux à cause des arcades sourcilières, ce qui peut donner au sujet des yeux sombres et creux. C'est pourquoi certains modèles de flash ont deux réflecteurs dont l'un, puissant et orientable, enverra de la lumière au plafond pour assurer l'éclairage principal, et l'autre, très faible et frontal, servira uniquement à mettre un peu de brillance et de vie dans les yeux et à déboucher quelques ombres, celles du nez et du menton notamment. Cependant, des difficultés surviennent lorsqu'on s'approche trop du sujet ou que le plafond est trop haut : le petit flash d'appoint sera alors le plus puissant des deux et son éclairage pourra ressembler à celui d'un flash unique et frontal.

● On peut également diriger le lumière contre un mur, un panneau blanc ou même un drap blanc bien tendu. Le meilleur panneau réflecteur bon marché est sans doute une plaque de polystyrène expansé, normalement utilisée pour l'emballage ou l'isolation. Il est léger, donc facile à disposer ; il est aussi très peu absorbant grâce à son coefficient de réflexion très élevé. Il existe également des toiles métallisées d'une grande résistance et de grandes dimensions spécialement conçues pour jouer le rôle de réflecteurs de haute qualité ; elles sont très légères et ne sont pas plus encombrantes qu'un mouchoir ; on peut les tendre ou les étendre partout, éventuellement avec des pinces, des agrafes ou une bande adhésive.

● Arrangez-vous pour que le plus gros de la lumière réfléchie par un réflecteur vertical frappe le sujet de trois quarts, c'est-à-dire ni en face ni de côté mais entre les deux positions. Les observations concernant le plafond s'appliquent également ici, sauf que les yeux seront mieux exposés, sans pour autant avoir la brillance que peut donner un petit flash frontal.


Mais que faire si le plafond et les murs sont inutilisables parce que colorés ou situés trop loin, et si les panneaux s'avèrent encombrants ?
● Dans ce cas on peut recourir à un "plafond" ou un "mur" portatifs.

● Procurez-vous un ballon gonflable qui se fixe sur le flash et qui a une face interne réfléchissante. Le réflecteur du flash sera tourné contre cette face, laquelle renverra la lumière vers le sujet. Replié, ce ballon se glissera facilement dans votre poche.

● Il existe des dispositifs permettant de fixer sur le tête du flash un petit panneau blanc ou un morceau de toile argentée repliable. Ce panneau et cette toile, inclinés à 45°, procurent une belle lumière diffuse dont l'angle d'incidence rappelle celui de la lumière solaire. Le problème d'avoir un petit flash pour illuminer les yeux ne se posera pratiquement plus dans ce cas.

● Les fabricants nous proposent également toute une panoplie de parapluies réflecteurs de dimensions diverses qu'on peut fixer n'importe où, sauf sur le flash lui-même. Mais ce matériel est plutôt réservé aux professionnels.

● Il faut toujours tenir compte de l'affaiblissement de l'éclair dû à ce genre de diffusion. La perte, parfaitement prévisible et mesurable une fois pour toutes, est généralement d'un cran de diaphragme - divisez le nombre-guide nominal par 1,41 pour connaître le NG fonctionnel.


Quel est, selon vous, le moyen le plus pratique de diffuser la lumière du flash ?
● Pour être absolument sûr de pouvoir toujours diffuser la lumière avec un indice de déperdition constant et aussi pour préserver sa totale liberté de mouvement, on a intérêt à utiliser un diffuseur placé sur le réflecteur du flash. C'est d'ailleurs la seule solution applicable au flash intégré des appareils compacts. Un filtre diffusant approprié sera une excellente solution. Mais une épaisseur de gaze blanche, tenue par une bande élastique, fera aussi très bien l'affaire - ce n'est pas très beau à voir, mais il n'est pas évident que vous puissiez trouver un filtre qui s'adapte parfaitement à votre flash. Si vous n'aimez pas la gaze, fixez deux épaisseurs de papier calque avec une bande adhésive.

● Certes, ces moyens simplistes ne sauraient donner la meilleure lumière diffusée possible. Mais ici comme partout ailleurs dans la vie, on ne peut pas tout avoir.

● Remarquez que, plus la surface diffusante est grande, plus la lumière sera adoucie et enveloppante. Cela est logique puisque la surface diffusante se comporte elle-même comme un source lumineuse de grande dimension. Ayez donc toujours recours, dans la mesure du possible, à une grande surface diffusante.


Quels autres avantages peut-on tirer de la lumière diffusée ?
● La lumière diffusée produit un doux modelé des formes.

● C'est une erreur de croire qu'il faut impérativement chercher à éliminer toute ombre. En fait, ombres et lumières doivent toujours coexister dans une photo pour lui donner du relief, autrement son côté esthétique serait gravement compromis, même si la composition et le choix du moment décisif sont parfaits. Ce que nous recherchons, c'est de rendre les ombres moins nettes, plus discrètes.

● Dans la mesure du possible, arrangez-vous pour que la lumière diffusée arrive sur le sujet d'un point situé légèrement plus haut que lui et légèrement de côté. Nous sommes tellement habitués à l'éclairage solaire que nous aimons instinctivement cette direction de la lumière artificielle qui permet aux ombres de garder leur position et leurs proportions "naturelles". C'est bien ainsi qu'il n'existe pas de pire endroit pour installer le flash que la griffe porte-accessoires de l'appareil photo : la lumière du flash, lorsqu'elle est frontale et crue, "aplatit" piteusement le sujet.

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