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La vitesse de synchronisation du flash

La vitesse de synchronisation du flash


Vous avez indiqué que l'exposition au flash est fonction de la puissance du flash exprimée par son nombre-guide réel, de l'ouverture du diaphragme et de la sensibilité du film. Mais vous n'avez pas fait mention du temps de pose. Cela signifie-t-il que l'on n'a pas à tenir compte de la vitesse d'obturation dans l'exposition au flash ?
● Oui et non. Il y a lieu de faire la distinction entre les appareils photographiques à obturateur central et ceux à obturateur focal.

● L'obturateur central équipe presque la totalité des appareils à objectif fixe (objectif non interchangeable) ; c'est bien le cas des appareils compacts grand public. (Nous ne parlons pas ici des appareils à obturateur central réservés aux professionnels.) En fait, l'obturateur central est un diaphragme, mais un diaphragme qui est toujours fermé hermétiquement sauf pendant l'exposition. Situé dans l'objectif même et en avant du film, il se compose de fines lamelles métalliques qui se chevauchent et qui, pendant l'exposition, s'écartent plus ou moins. Lorsqu'elles commencent à s'écarter, un petit trou apparaît en leur centre. Cette ouverture grandit pendant la première moitié du temps de pose puis diminue durant la seconde moitié pour disparaître tout à fait. Au moment précis où les lamelles forment l'ouverture utile, un dispositif déclenche l'éclair du flash, qui traversera le trou et viendra frapper la totalité de la portion du film à exposer. Comme la vitesse maximale dont un obturateur central est capable ne dépasse pas 1/500 de seconde et que la durée maximale des éclairs du flash électronique n'est jamais plus longue que 1/500 de seconde, le film ne court pas le risque d'être éclairé irrégulièrement ; en d'autres termes, la vitesse d'obturation n'entre pas en ligne de compte dans l'exposition au flash avec un obturateur central. On peut donc opérer avec n'importe quel temps de pose - en termes techniques, on dit que le flash peut être synchronisé à toutes les vitesses. En ce qui concerne les appareils compacts à flash intégré, le flash a été synchronisé par le fabricant à une vitesse bien définie, et l'opérateur n'a aucun moyen de changer cette vitesse ; il n'a donc pas à s'occuper de la vitesse de synchronisation.

● La situation est tout à fait différente avec les appareils d'amateurs à objectif interchangeable (appareils reflex). Ici, l'obturateur n'est pas central (à lamelles), mais se compose de deux rideaux placés juste devant le film. Ces rideaux sont nécessaires pour protéger l'émulsion de la lumière pendant le changement d'objectifs. Ils ne s'escamotent pour dévoiler le film que pendant l'exposition. En s'escamotant, ils défilent l'un derrière l'autre en laissant entre eux une fente par laquelle passe la lumière. Si le temps de pose est suffisamment long, le premier rideau peut avoir terminé sa course avant que le second ne commence la sienne C'est à cet instant précis que la fente est aussi large que la portion du film à exposer et qu'un éclair du flash peut frapper la totalité de la portion.

● Si par contre le temps de pose est court, le second rideau se verra obligé d'entamer sa course avant même que le premier rideau ne soit arrivé à destination. La fente qui les sépare s'en trouvera donc moins grande que la portion du film à exposer - comparez celle-ci à une fenêtre avec les rideaux à demi tirés. Etant donné que l'éclair du flash jaillit quand le premier rideau a tout juste terminé son trajet, seule la partie du film découverte par la fente sera exposée, tandis que le reste du film, voilé par le second rideau en pleine course, restera intacte, et alors le sujet à photographier ne sera exposé qu'en partie.

● Pour que la totalité du film puisse être éclairée par la lumière du flash, il nous faut donc choisir des vitesses d'obturation suffisamment lentes, celles qui nous permettent d'avoir la fente aussi grande que la portion du film à impressionner. La plus élevée de ces vitesses est appelée vitesse de synchronisation ou vitesse de synchro-X (la lettre X désigne le xénon, gaz inerte contenu dans le tube à éclat du flash électronique).


Comment reconnaît-on la vitesse de synchronisation d'un appareil donné ?
● La vitesse de synchronisation dépend des performances de l'obturateur. Plus les rideaux sont capables de défiler vite, plus elle est élevée. Dans la plupart des cas, elle peut être de 1/60, 1/90, 1/100 ou 1/125 de seconde ; elle est de 1/250 de seconde avec certains obturateurs en titane et à défilement vertical.

● En employant un flash avec les appareils manuels ou automatiques débrayés en mode manuel, vous devez afficher vous-même une vitesse qui ne soit pas supérieure à la vitesse de synchronisation indiquée par le fabricant et gravée en rouge ou en vert sur la bague des vitesses. Les appareils automatiques vous évitent généralement cette manoeuvre : ils affichent et verrouillent d'office la vitesse de synchronisation dès que le flash asservi est mis sous tension, ce qui présente une mesure de sécurité. Il est souvent possible d'annuler ce verrouillage et choisir une vitesse plus lente - pas plus élevée, bien sûr - si on le désire pour réaliser certains effets ; pour ce faire, on coupe le contact de verrouillage entre le flash et l'appareil avec une pellicule en plastique.

● On a parfois intérêt à utiliser des temps de pose longs. Par exemple, on obtient, dans une image, un arrière-plan plus ou moins clair en adoptant une vitesse d'obturation plus ou moins lente - vitesse qui, bien entendu, ne doit jamais dépasser la vitesse de synchronisation. L'éclair du flash étant très bref, le diaphragme restera encore ouvert après l'illumination et laissera la faible luminosité environnante continuer à impressionner le film. Plus le diaphragme restera ouvert longtemps, c'est-à-dire plus le temps de pose est long, plus le film sera impressionné et moins le fond sera sombre, et vice versa. Avec une vitesse de 1/125 ou 1/250, le fond peut être complètement noir. On utilise également la technique des vitesses lentes pour traduire le mouvement d'un sujet de façon spectaculaire : l'éclair du flash fige le sujet dans une position nette, puis la luminosité environnante enregistre d'autres positions du sujet en donnant une image floue.

● Comme indiqué plus haut, les possesseurs d'appareils compacts à flash intégré n'ont ni la possibilité ni l'obligation de choisir la vitesse de synchronisation. C'est le fabricant qui l'a fait à leur place.

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