À propos de Nguyen Ngoc-Rao, fondateur et éditeur du site AsiaFlash.com
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L'emploi des flashes

L'emploi des flashes


Comment photographie-t-on avec un flash à ampoules ?
● Rien de plus simple. Les appareils photo à utiliser étant rudimentaires, vous n'avez qu'à régler l'objectif sur la position "flash", qui donne alors l'ouverture la plus grande, de l'ordre de f/4. Appuyez sur le déclencheur et l'éclair part tout seul. Souvenez-vous que la plage utile à photographier est comprise entre 1,20 m et 3,50 m. En général, un témoin apparaît dans le viseur pour vous avertir si l'ampoule fixée sur la griffe est déjà grillée.


Comment photographie-t-on avec un flash incorporé à l'appareil ?
● Il faut distinguer le mode de fonctionnement de l'appareil.

● Si l'appareil fonctionne en mode manuel, vous devez afficher l'ouverture appropriée marquée d'un symbole et, exceptionnellement, la vitesse de synchronisation. Mettez le flash sous tension, et attendez que le témoin de pleine charge s'allume avant de déclencher. Le temps de charge et de recharge du flash est plus ou moins long suivant le degré d'usure des piles.

● Avec un appareil automatique, le flash peut se mettre d'office sous tension dès que la luminosité ambiante est assez basse, ou bien un témoin quelconque vous avertira de la nécessité d'allumer le flash. Le diaphragme se règle automatiquement en fonction de la distance affichée sur la bague de mise au point et de la sensibilité du film. Attendez le témoin de pleine charge pour déclencher.

● La plage utile à photographier est comprise entre 1,50 m et 4 m environ, étant donné le nombre-guide nominal 14 de la plupart des flashes intégrés. Evitez de disposer les éléments importants de la scène trop près des limites de cette plage afin de prévenir le risque de sur ou de sous-exposition.

● Sur bon nombre d'appareils compacts actuels, le flash n'est pas à puissance variable ; chaque éclair donne donc sa pleine puissance. Le système de modulation automatique de l'intensité de l'éclair en fonction du sujet à éclairer, qui permet entre autres la récupération de l'énergie, n'est pas encore généralisé.

● Un grand nombre d'appareils compacts sont maintenant à mise au point automatique (autofocus). Ils comportent un risque en exposition au flash qu'il faut bien connaître. Plus le sujet focalisé est éloigné, plus l'ouverture sera grande et plus le film recevra de lumière. Un opérateur non averti, voulant photographier deux personnages en train de se parler, fera probablement le point sur le vase situé entre eux mais dans le fond de la pièce - que voulez-vous, la plage de mise au point se trouve dans la zone centrale du viseur ! Résultat : le vase sera net et bien exposé, alors que les personnages seront flous et surexposés, ressemblant à des fantômes. Pour éviter cette erreur, faites la mise au point sur l'un des personnages, mettez-la en mémoire puis recadrez avant de déclencher. Si votre appareil est dépourvu de mémoire, choisissez un autre angle de prise de vue.

● Les petits flashes incorporés ne donnent guère de belles photos, il faut bien l'avouer. Si le centre de l'image est en général correctement exposé, l'illumination décroît rapidement vers les bords, et il en résulte souvent un vignettage disgracieux. Pour que l'image soit exposée de façon plus régulière, il faut diffuser ou réfléchir l'éclair. Nous verrons bientôt comment y procéder.

● Pour que l'éclair soit au maximum de sa puissance, ne déclenchez pas immédiatement après l'allumage du témoin de charge, mais attendez encore quelques petites secondes.

● Etant donné l'imprécision de l'exposition au flash incorporé, même s'il est à puissance variable, il est conseillé d'utiliser un film négatif couleur, qui encaisse les erreurs d'illumination beaucoup mieux qu'un film inversible. Parmi les films négatifs couleur, celui de 200 ISO est le plus tolérant.

● Sur certains compacts, l'ouverture du diaphragme varie automatiquement en fonction de la sensibilité du film affichée ; c'est là un automatisme intelligent. D'autres compacts ne tiennent pas compte de la sensibilité du film utilisé ; vous devez, dans ce cas, exposer vos photos en fonction du nombre-guide fonctionnel du flash.

● En général, le flash incorporé donne des photos de qualité plutôt médiocre. Mais il peut s'avérer très intéressant si vous l'utilisez comme flash-maître pour allumer un ou plusieurs flashes indépendants munis d'une cellule de déclenchement à distance. Nous parlerons bientôt de cette technique d'éclairage multiple.


Comment photographie-t-on avec un flash électronique autonome manuel ?
● Le flash manuel présente des avantages que beaucoup d'amateurs ne savent pas apprécier : il reste toujours sous le contrôle de l'opérateur et n'est pas soumis aux aléas de la mesure automatique. Souvent on le trouve rebutant par qu'on déteste les calculs ; mais la méthode de calcul des nombres-guides exposée plus haut n'est en fait qu'un jeu d'enfant.

● Avec un flash manuel, tout est prévisible. Nous savons exactement jusqu'où son éclair peut aller, qu'il ait le soleil en face ou de côté. Comme il délivre des éclairs toujours identiques, sans tenir compte des paramètres d'exposition, il vous appartient de choisir ceux-ci en fonction du nombre-guide du flash et de la sensibilité du film.

● Certains flashes manuels sont munis d'un variateur de puissance qui leur permet de ne fonctionner qu'à moitié, au quart, au huitième ou au seizième de leur puissance nominale.

● Chaque éclair décharge totalement l'énergie électrique qui lui est assignée proportionnellement, même si une énergie moindre aurait suffi pour bien exposer une image donnée. Le flash manuel n'est donc pas à récupération d'énergie.

● N'oubliez jamais d'afficher la vitesse de synchronisation sur l'appareil.

● Ayez souvent recours au filtre dégradé gris neutre, qui diminuera l'éclairage des éléments du premier plan les plus proches du flash. Ce sont précisément ces éléments qui ont tendance à être surexposés.

● Avec un flash manuel, le problème de la détermination de l'exposition se résume à trouver l'ouverture appropriée, laquelle est fonction du nombre-guide du flash, de la sensibilité du film et de la distance flash/sujet. Mais d'autres facteurs peuvent intervenir pour modifier le choix initial de l'ouverture. Exemples :

  • Il faut tenir compte de l'orientation du réflecteur du flash par rapport à l'axe optique de l'appareil lorsque le flash est utilisé en extension : ouvrir le diaphragme d'un demi-cran pour un angle de 45°, et d'un cran pour 90°.

  • Un sujet sombre ou sur fond sombre demande plus de lumière : ouvrez le diaphragme d'un demi-cran à un cran.

  • Un sujet clair ou très éclairé ou un fond très clair ont besoin de moins de lumière : fermez le diaphragme d'un demi-cran à un cran.



Comment photographie-t-on avec un flash automatique ?
● Il existe deux familles de flashes automatiques : les flashes à calculateur (ou senseur ou, en anglais, computer) externe, installé sur les flashes mêmes, et les flashes à senseur placé dans la chambre noire de l'appareil du même système d'une marque (flashes TTL).

● Le flash à computer - c'est ainsi qu'on appelle souvent le flash à senseur externe - est pourvu d'une cellule, qui coupe l'éclair dès que le sujet est jugé suffisamment exposé. Bon nombre de ces flashes sont en plus équipés d'un thyristor, système qui permet la récupération de l'énergie non utilisée pour l'éclair suivant, ce qui réduit l'intervalle de temps entre deux éclairs et augmente l'autonomie du flash.

● En principe, avec un flash à computer, on ne pourrait ni sous-exposer ni surexposer. Malheureusement, la réalité est beaucoup moins réjouissante. Il importe d'être au courant des faiblesses de ce type de flash afin de pouvoir opérer en connaissance de cause.


Quelles sont les faiblesses du flash à computer ?
● Les faiblesses sont multiples. En voici les principales et les solutions à apporter.

  • La cellule de mesure du flash étant sur le flash même, elle est sujette aux mêmes erreurs que la cellule de mesure de l'exposition en lumière ambiante placée sur le devant du boîtier ou de l'objectif. En plus, elle n'a pas le même angle de vision que celui de l'objectif - son angle de vue est compris entre 15 et 28°. Elle ne voit donc pas exactement les mêmes éléments d'une scène que l'objectif. Un élément qui pourtant n'a rien à voir avec l'image finale pourrait l'influencer indûment. Soyez donc attentif à la présence éventuelle de tels éléments - par exemple un spot de théâtre ou un reflet spéculaire - et essayez de les éliminer au champ de vision de la cellule.

  • La mesure se fait sur la scène entière, ce qui amènera le risque de surexposition de certains éléments et de sous-exposition de certains autres. Le cas est frappant en prise de vue à l'extérieur, la nuit, ou dans une sombre église. La cellule, se trouvant en face d'une vaste étendue d'obscurité, commandera un allongement exagéré de l'éclair, surexposant ainsi massivement les éléments du premier plan. Vous avez au moins trois possibilités d'éviter cette erreur. Cadrez serré, en éliminant le plus possible le fond sombre. Utilisez un filtre dégradé gris neutre fixé sur l'objectif de façon à réduire l'illumination du premier plan de l'image. Enfin, photographiez le sujet principal sur un fond tout proche et le moins sombre possible.

  • Un élément perturbateur, tels une forte source lumineuse dans le champ, peut aveugler la cellule, laquelle commandera une coupure prématuré de l'éclair et par conséquent provoquera une sous-exposition. Dans le même ordre d'idées, faites attention aux surfaces brillantes ou réflexives dans le fond : l'éclair peut être réfléchi vers la cellule et provoque chez elle une réaction malencontreuse, qui se matérialise par une partie de l'image complètement brûlée, illisible, et le reste sous-exposé. S'il vous est impossible ou pas souhaitable d'éliminer une telle surface (miroir, vitre, panneau laqué ou ciré, etc.), choisissez un angle de prise de vue qui permette à l'éclair d'être renvoyé loin de la cellule. Utilisez toujours un pare-soleil afin d'éviter tout reflet parasite éventuel.

  • Attention à ne pas boucher la fenêtre de la cellule avec un doigt ou un objet quelconque. Sinon, surexposition garantie.

  • La cellule du flash ne peut pas tenir compte de l'adjonction d'un accessoire sur l'objectif tel qu'un filtre ou un cache.

  • Le flash à computer ne permet pas de travailler à toutes les ouvertures, mais seulement à une, deux, trois ou quatre ouvertures au maximum. On doit afficher une de ces ouvertures sur l'objectif - il s'agit des ouvertures pour lesquelles le flash a été conçu et qui sont précisées par le fabricant. Pour chaque ouverture affichée, le flash éclairera le sujet dans une plage déterminée, de façon théoriquement correcte. Exemples :

    • Pour f/16 : plage comprise entre 0,35 m et 2,75 m.

    • Pour f/8 : plage comprise entre 0,50 m et 5 m.

    • Pour f/4 : plage comprise entre 1,20 m et 11 m.


● Nous remarquons que les plages d'éclairement se chevauchent profondément, ce qui nous donne une certaine liberté dans le choix de la profondeur de champ. En effet, avec un sujet situé à 2 m, on peut choisir soit f/4, soit f/8, soit enfin f/16 en fonction de la profondeur de champ souhaitée. Mais on ne peut afficher sur l'objectif aucune ouverture autre que celle ou celles prévues pour le flash, ce qui implique, d'autre part, qu'il n'est pas possible de bien exposer les sujets situés en dehors des plages prévues.

  • La cellule cherche toujours à bien éclairer les éléments se trouvant au centre de son champ de vision, en surexposant violemment ceux qui sont les plus proches d'elle. Pensez-y lorsque vous positionnez votre flash. Eliminez dans la mesure du possible tous les objets non indispensables et qui sont situés trop près du flash. Avec le flash monté sur l'appareil, on est généralement condamné à photographier le sujet principal au centre du champ, ce qui pourrait nuire à l'esthétique de l'image.

  • Les réactions de la cellule sont extrêmement rapides mais pas parfaitement instantanées : elles peuvent présenter une inertie d'environ une milliseconde (un millième de seconde). Ainsi, si vous photographiez avec un objectif grand ouvert et un flash puissant ou placé tout près du sujet, vous risquerez d'avoir une surexposition. Ce cas se produit fréquemment en photomacrographie. D'où l'un des avantages du variateur de puissance, dont certains flashes sont munis.

  • La cellule du flash à computer doit toujours rester face au sujet à photographier. Cette condition est généralement remplie lorsque le flash est fixé sur la griffe porte-flash de l'appareil. Mais si le flash est utilisé en extension ou si son réflecteur ne regarde plus exactement dans la même direction que la cellule (par exemple en photomacrographie), la mesure serait plus ou moins sensiblement erronée à cause de la parallaxe. Dans ce cas, utilisez une cellule détachable que vous fixerez sur la griffe porte-flash et relierez au corps du flash avec un cordon spécial.

  • L'utilisation d'un téléobjectif accentue la parallaxe entre l'axe optique et l'angle de vue de la cellule. D'où un plus grand risque d'erreur.


● On voit que, dans bien des cas, il est plus sûr de débrayer l'automatisme du flash à computer et d'opérer en mode manuel. Mais alors il est impératif de savoir jongler avec les bons vieux nombres-guides.


Quels sont les avantages et les inconvénients d'un flash TTL ?
● Un flash TTL (de l'anglais through the lens, à travers l'objectif) a sa cellule de mesure (senseur) placée dans la chambre noire du boîtier et non pas sur le corps du flash. La cellule communique ses informations et ses ordres au flash par l'intermédiaire de contacts électriques ou de câbles spéciaux. La mesure TTL au flash comporte donc les mêmes avantages et les mêmes inconvénients que la mesure TTL de l'exposition en lumière ambiante.

● La plupart des mesures de prudence concernant le flash à computer peuvent s'appliquer au flash TTL. Il est donc inutile de les détailler ici.

● Le système TTL au flash est généralement pourvu d'un témoin qui vous indique si une photo a été correctement exposée. Mais il nous est impossible de savoir, avant la prise de vue, si la photo va ou non recevoir un éclair suffisant.

● Malgré ses faiblesses, le flash TTL est capable de performances éminemment supérieures au flash à computer. Il nous procure une bonne sécurité et un grand confort d'utilisation.

● Il n'existe pas d'interchangeabilité de flashes TTL de différentes marques. Mais certains flashes produits par des fabricants indépendants peuvent recevoir des sabots spéciaux leur permettant de se brancher directement sur n'importe quel modèle d'appareil à TTL au flash et de s'intégrer au système électronique de ce dernier. On les appelle flashes préconisés ou dédiés (de l'anglais dedicated).

● Certains flashes TTL ou à computer sont débrayables en manuel. Il nous est parfaitement possible alors de les utiliser sans crainte d'erreur, moyennant quelques connaissances solides.

● Pratiquement tous les flashes électroniques manuels, à computer ou TTL, sont munis au dos d'un tableau calculateur. Le tableau nous indique les ouvertures à afficher en fonction de la sensibilité du film et de la distance flash/sujet, ou la distance flash/sujet à adopter en fonction de l'ouverture et de la sensibilité, ou encore la plage d'action de l'éclair à prendre en compte pour une sensibilité et une ouverture données. Mais ce tableau n'agit lui-même en aucune façon sur les paramètres d'exposition ou sur le débit de l'éclair : il ne sert qu'à nous informer.


Qu'est-ce que la récupération d'énergie ?
● Le senseur des flashes automatiques, TTL ou non, programme la puissance des éclairs pour qu'elle corresponde exactement à l'illumination requise par la distance du sujet et l'ouverture du diaphragme utilisée. Avec cette faculté de moduler l'intensité de leur lumière en fonction du besoin réel, lequel n'est évidemment pas toujours maximal, les flashes automatiques ne déchargent pas toujours à chaque éclair toute l'énergie électrique fournie par les piles et accumulée dans le condensateur. Certains flashes automatiques rejettent l'énergie non utilisée à chaque éclair ; d'autres, équipés d'un thyristor, la retiennent pour l'éclair suivant, ce qui raccourcit le temps de recyclage du condensateur et augmente l'autonomie du flash. Les seconds flashes sont appelés flashes à récupération d'énergie.

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