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Astrorama titre
L'astrologie occidentale face à l'astrologie chinoise

2.3. Les planètes proprement chinoises

● Tout au début de leur astrologie, c'est-à-dire il y a au moins douze mille ans, les Chinois croyaient aux influences directes et entières des astres, tout comme le font actuellement les Occidentaux. Par exemple : Mercure était censé provoquer ceci ou empêcher cela, dans telles ou telles circonstances ; ou Castor et Pollux étaient tenus responsables de ceci ou de cela dans certaines circonstances bien déterminées.

● Avec le temps, les astrologues chinois compilaient un incroyable inventaire de scénarios possibles de la vie humaine. Ces scénarios pouvaient être de toute nature, par exemple : grandes oreilles, faiblesse du foie, infidélité conjugale, gentillesse, malhonnêteté, mort violente, emprisonnement, exil, probabilité de cocuage, réussite aux examens, conscience extensible, stérilité, nombreuse progéniture, vantardise, pessimisme, tendances masochistes, richesse, nymphomanie, gloire, ignominie, hirsutisme, entente, discorde, longue vie, mort prématurée, don pour les belles-lettres, etc., etc.

● Puis les astrologues attribuaient une ou plusieurs séries de ces scénarios à chaque astre qui leur semblait le plus apte à représenter les scénarios choisis. C'est ainsi, par exemple, que tout ce qui avait trait aux finances était attribué à l'astre Loc Ton, tout ce qui se rapportait à l'amour était attribué à l'astre Dao Hoa, tout ce qui concernait la sexualité brute était attribué à l'astre Hong Loan, etc. Certains astres ne représentaient qu'une série de scénarios, d'autres deux séries, d'autres trois, d'autres quatre... Le nombre maximum de séries différentes qu'un astre pouvait représenter est neuf.

● Les conséquences de ces démarches de schématisation et d'attribution sont multiples, dont voici les principales :

   1. Progressivement, les astres n'étaient plus considérés comme les facteurs agissant de façon toute puissante sur la destinée humaine. Petit à petit, ils étaient pris plutôt comme symboles des scénarios qui étaient censés se produire. Ils n'étaient plus appelés par leurs noms astronomiques, mais par leurs noms symboliques. Exemples : Uranus était désormais appelé "Le Serviteur du Ciel", Mercure appelé "La Danse", Pluton appelé "La Porte du Deuil", Neptune appelé "Le Démolisseur", etc.

   2. Comme le nombre des séries de scénarios tendait à se stabiliser, le nombre des astres représentant ces séries allait également vers une stabilisation. Au Xe siècle de notre ère, l'illustre astrologue Hi Di Tran Doan arrêta le nombre des astres à cent onze. C'est ce nombre qui est encore couramment en usage de nos jours. L'astrologie chinoise fait donc usage de cent une planètes de plus que l'astrologie occidentale, ce qui lui donne la possibilité de jongler avec un nombre de combinaisons astrales considérablement plus élevé et par conséquent avec un nombre de situations astrologiques précises beaucoup plus grand.

   3. Puisqu'on s'intéressait désormais davantage aux séries de scénarios représentés par les astres qu'aux astres eux-mêmes, on en arrivait à la fin à oublier le nom astronomique de la plupart des astres ! En l'état actuel des choses, nous ne connaissons avec certitude les noms astronomiques en même temps que les noms symboliques que de dix astres ; ces astres sont les mêmes que ceux utilisés en astrologie occidentale, c'est-à-dire les "planètes" de notre système solaire dont nous avons parlé plus haut. En revanche, il y a confusion, incertitude et controverse concernant les cent un autres astres chinois : on ne sait plus exactement, par exemple, à quel corps céleste s'applique le nom symbolique "Bat Toa", à quel autre corps céleste s'applique le nom symbolique "An Quang", ou à quelle constellation s'applique le nom symbolique "Thien Khong", etc.

   4. Avec l'oubli des noms astronomiques de la plupart des planètes, l'astrologue chinois, depuis le Xe siècle de notre ère, ne regarde plus le ciel pour établir des thèmes astraux, mais examine un bout de papier sur lequel sont dessinées douze cases, appelés "Palais", et sont consignées certaines informations essentielles. Les astres, connus uniquement sous leurs noms symboliques, seront positionnés dans les Palais et les Maisons suivant les règles de la cosmogonie chinoise (voir plus loin pour les notions de cette cosmogonie), et ce tout à fait indépendamment de ce qui pourrait se passer sur le plan astronomique. L'astrologue ressemblerait alors quelque peu à un général qui, au lieu de participer personnellement à une bataille, dirige les combats depuis son QG en manipulant son plan de bataille. Ainsi, lorsque notre astrologue affirme, par exemple, que Pluton et Jupiter sont en opposition, il ne veut pas dire que ces deux planètes forment effectivement un angle de 180° sur un plan de la sphère céleste ; il veut au contraire faire comprendre que les planètes en question sont positionnées par lui dans les Palais diamétralement opposés sur son bout de papier, c'est-à-dire sur le thème astral qu'il établit. Contrairement à son homologue occidental, il n'a rien à faire d'une carte du ciel, et ne se soucie nullement de savoir à combien de degrés au-dessus de l'horizon Uranus ou Pluton se trouve au moment donné !

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