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Le baiser
d'amour
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Il y a des baisers qui n'ont rien de commun avec l'instinct sexuel. Il serait vain d'attribuer à chaque baiser des motifs érotiques ; on donne et l'on reçoit des baisers qui répondent exclusivement à des coutumes et à des convenances. Sans doute, il y a des baisers exempts de toute sexualité. Mais cette catégorie est beaucoup plus restreinte qu'on ne le croit ou qu'on feint de le croire. Les sensations sexuelles jouent dans la vie un rôle autrement important qu'on ne le pense ou qu'on ne l'avoue. En tout cas, le baiser "en tout bien, tout honneur", que l'on désigne ainsi pour exprimer son asexualité, est moins "innocent" qu'on ne le fait croire par hypocrisie, ou pour d'autres motifs. Les hommes mûrs, qui n'essaient pas de se donner le change, en savent quelque chose. Et les conséquences fréquentes, délicieuses ou désastreuses, d'un baiser "innocent" sur la main ou sur le front, prouvent que le respect ou la pitié qui présidaient, soi-disant à cette opération, n'étaient qu'un leurre.
Il y a d'autres baisers qui ont, eux, une empreinte sexuelle ; mais la timidité et la réserve avec lesquelles ils sont donnés et reçus les placent plutôt parmi les manifestations du prélude que dans la catégorie des jeux de l'amour.
On peut considérer comme tels les baisers que l'on donne et que l'on reçoit au cours de certains jeux de société, ou encore ceux échangés timidement, et par curiosité, par des adolescents.
Tous ces baisers manquent de l'élément primordial indispensable au baiser d'amour : être donné de bouche à bouche, avec participation active des deux partenaires.
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