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Art de vivre titre
Graines de sagesse

La mort d'un étalon

La mort d'un étalon

Le roi Canh-Công avait un superbe étalon auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Un jour le cheval mourut subitement.

Le roi fit amener le valet d'écurie devant lui et ordonna aux gardes de l'exécuter sur-le-champ. Maître An-Tu intervint:

- Sire, d'après Votre Majesté, que feraient les empereurs-sages Nghiêu et Thuân à votre place?

Le roi hésita un instant, puis dit aux gardes:

- Jetez le coupable en prison: nous l'exécuterons plus tard!

Maître An-Tu dit au roi:

- Le prisonnier va être décapité sans savoir pourquoi. Je pense qu'il serait juste que je lui indique les chefs d'accusation avant qu'on ne l'emmène.

- Vous avez raison, fit le roi.

Alors, s'adressant au prisonnier, maître An-Tu commença son réquisitoire:

- Tu as commis 3 crimes, tous passibles de mort. Premièrement, le cheval que le roi t'avait confié est mort. Deuxièmement, c'était le plus bel étalon du roi. Enfin, en te livrant au bourreau, le roi ne manquera pas de provoquer la rancoeur de tout le peuple; il sera critiqué par les souverains des États voisins: voilà ton dernier crime. Tu es inexcusable. Tu mérites la mort, le sais-tu? Tu iras en prison en attendant d'être exécuté.

Le roi Canh-Công se ressaisit et dit à maître An-Tu:

- Relâchons le prisonnier. Il ne faut pas que le peuple dise: "Le roi est cruel et inhumain".

Commentaire

L'habileté de maître An-Tu consistait à montrer au roi, de façon indirecte et détournée, combien sa décision d'exécuter le valet d'écurie était injuste et dangereuse. Le roi Canh-Công a compris le fond de la pensée de maître An-Tu. Sa sagesse consistait à savoir reconnaître son tort et à revenir sur sa décision, sans avoir peur de perdre la face.

Les occasions nous font connaître aux autres, et encore plus à nous-mêmes (La Rochefoucauld).
On apprend combien l'on s'aime, Lorsque ensemble on a pleuré (Emile Deschamps).
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