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Art de vivre titre
Contes et Légendes du Vietnam

Le papayer

Le papayer

Il était une fois deux frères qui devaient se partager l'héritage à la mort de leurs parents. L'aîné, cupide et rusé, réussit à s'emparer de tous les biens, ne laissant à son frère qu'une paillote et un papayer rabougri. Mais le jeune frère et sa femme ne s'en plaignaient pas et se contentaient de cette maigre part.

Ils prenaient soin de leur papayer, l'arrosaient avec assiduité. Bientôt l'arbre reprit de la vigueur et donna une grande quantité de fruits.

Quand les papayes commencèrent à mûrir, un corbeau géant venait chaque jour en manger. Il était impossible pour le couple de l'en empêcher. La femme, désolée, se lamenta :

- Quel malheur ! Pauvres que nous sommes, nous comptons beaucoup sur ce que nous rapporterait le papayer, et voilà que cet oiseau ravage tout. Nous finirons probablement par connaître la faim.

Stupéfaction ! Le corbeau se pencha soudain et répliqua d'une voix grave :

- Des papayes j'en mange, de l'or je rends. Munissez-vous d'un sac pouvant contenir trois livres d'or. Demain, je vous emmènerai en chercher.

La femme se précipita dans la chaumière et raconta l'histoire à son mari qui y croyait. Ils confectionnèrent donc un sac de la taille indiquée par le corbeau.

Le lendemain l'oiseau revint et préleva comme d'habitude sa ration de papaye, puis descendit de l'arbre et invita l'homme à prendre place sur son dos avec le sac. Ensuite il s'élança dans les airs et vola très longtemps avant d'atterrir sur une île déserte couverte de pierres précieuses. Le sac une fois remplie, le corbeau ramena l'homme chez lui.

Depuis ce jour, le couple vivait dans la richesse et l'abondance, sans oublier de venir en aide aux pauvres.

L'aîné cherchait à connaître l'origine de la richesse de son jeune frère. Celui-ci, honnête et franc, lui raconta toute l'histoire. L'aîné proposa alors d'échanger sa fortune contre la paillote et le papayer. Son frère accepta.

Un jour le corbeau revint manger les papayes et fit la même proposition à l'aîné. Mais au lieu d'apporter avec lui un sac de la taille indiquée par le corbeau, il prit avec lui deux gros sacs. Sur le chemin de retour, le poids démesuré de ces sacs fit tanguer l'oiseau : l'aîné tomba dans la mer et s'y noya.

L'envie d'y trop mettre rompt le sac (Cervantès).

Tout ce que les femmes peuvent raisonnablement promettre, c'est de ne pas chercher les occasions (Gaston de Lévis).
Il n'est pas bon que l'homme soit seul (Genèse).
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