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Apprendre
le bonheur partagé
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Avec cette étape mise sous le parrainage du Lion, nous touchons au
coeur
même de la vie du
couple
qui se
forme
. Au temps où l'union se déroulait comme un rituel sacré, elle correspondait au temps des fiançailles. Celles-ci n'étaient rendues possibles que par l'accord des deux familles et - pouvait-on supposer, quoique ce ne fut, hélas, pas toujours le cas - le consentement heureux de ceux que l'on appelait alors "les promis".
Le
jeune
homme se devait de faire la cour à sa fiancée, celle-ci de s'occuper avec plus d'entrain d'arranger son trousseau, tandis que les proches préparaient leurs cadeaux et étaient tout sourire face à l'éclosion du futur foyer.
Le devoir d'être heureux
II semble donc que la joie, le
bonheur
devraient illuminer cette période. Mais il ne s'agit pas de la vivre comme une parenthèse lumineuse parmi les jours sombres de l'existence. Elle doit aider les futurs époux à faire, si l'on peut dire, l'apprentissage du
bonheur
.
Trop longtemps l'on a fait du devoir l'antithèse du
bonheur
, trop longtemps on a primé la souffrance comme si elle était le prix à payer, la condition même de l'existence, et de grandes âmes se sont volontairement torturées pour une hypothétique conquête du salut. Actuellement encore, le rappel
quotidien
des maux qui ont affligé et qui affligent l'humanité ne peut que conduire au désespoir, ne débouchant que sur un constat d'impuissance ou sur une révolte génératrice elle-même de nouveaux malheurs.
Il ne s'agit pas de faire ici l'apologie de l'indifférence, car l'on ne peut être heureux au sein d'un univers dévasté, mais de réaliser que toute joie, perçue consciemment, libère dans le monde une luciole de
bonheur
. Comme l'exprimait le philosophe Maurice Maeterlinck : "Il faut être heureux pour rendre heureux ; et il faut rendre heureux pour demeurer heureux". C'est à l'acquisition de ce réflexe que devrait servir la période de la vie du
couple
que nous avons qualifié de "temps des fiançailles".
D'accord, direz-vous, mais une fois le
couple
formé, que d'événements extérieurs (difficultés matérielles, problèmes de
santé
, trahisons même) n'apportent-ils pas la preuve que tout
bonheur
est illusoire et fugace ?
En êtes-vous bien sûr ? Dans toute création, il y a une part de
bonheur
. A-t-on assez dit que la vie de nombreux artistes était effroyable ? Elle l'était effectivement, mais quand Van Gogh peignait ou quand Baudelaire écrivait, ils étaient formidablement heureux. Or, la création du
couple
est au moins aussi capitale que la réussite d'un bel aplat de couleurs ou l'accord mélodique de mots. Elle devrait donc dispenser la même joie.
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